Inaugurée vendredi dernier par Élisabeth Borne, la centrale « O’Mega 1 » va produire une énergie verte d’origine contrôlée. Une première en France:

Au départ, cela ressemble à un problème insoluble à l’heure où la France veut lancer une vaste campagne de développement des nouvelles énergies. Comment bâtir des grandes centrales solaires sans entrer en conflit d’usage avec le monde agricole qui monopolise le foncier disponible ?

Une petite PME lilloise « Ciel et Terre » a l’idée de fixer des panneaux photovoltaïques sur des flotteurs pour les installer sur l’eau.

Une idée lumineuse qui trouve un écho favorable au Japon, dans un pays à forte densité de population, avant de revenir en France par l’intermédiaire d’Akuo Energy qui rachète la licence afin de développer ce concept singulier.

C’est à Piolenc, dans le Vaucluse, que le premier producteur indépendant d’énergie renouvelable en France, jette son dévolu, secondé par le maire Louis Driey, qui souhaite faire de sa commune, un modèle de développement durable.

Le vaste plan d’eau de 50 hectares situé sur une ancienne carrière de granulats est l’endroit idéal pour bâtir une centrale photovoltaïque flottante. Et pas n’importe laquelle : la plus importante d’Europe avec ses 47.000 panneaux couvrant une surface de 17 hectares et qui peut produire jusqu’à 17 mégawatts par an.

Soit la consommation d’électricité de 4.700 foyers ou quelque 10.000 personnes. Une structure entièrement modulable et ancrée en profondeur pour résister au vent, aux vagues et à l’usure mécanique. Quant à l’impact environnemental, il serait minime. Le manque de lumière sur la vie aquatique serait largement compensé par une évaporation et une prolifération d’algues moins importantes.

Reste à rentabiliser une centrale qui a, tout de même, coûté 17 millions d’€ et dont le prix de l’électricité sera un peu plus élevé que le prix du marché. Mais cette énergie sera d’origine contrôlée.

Une électricité « verte » qui a des chances de séduire les clients. Ce n’est pas le maire de Piolenc qui dira le contraire, lui qui peut se targuer d’être à la tête, aujourd’hui, de l’une des rares communes en France à énergie positive. Une commune qui produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme.


Stéphane Pulze. Le Dauphiné – 23/10/2019


Rien à redire à la conception et l’utilisation de ces panneaux photovoltaïques. Par contre il est étonnant que cette recherche, conception mise au point, provienne d’une entreprise française basée à Lille et qu’elle ait eu besoin de vendre cette idée au Japon, qu‘Akuo Energy rachète la licence et revende le procédé notamment en France.

Voilà une nouvelle fois la recherche industrielle françaises mise à mal, fautent de soutiens (financiers -à coup sûr-, voire développement techniques, commerciales et le gouvernement … qu’ont fait les différents ministères ?). Encore une fois des recherches ne sont pas exploitées pleinement par des entreprises françaises. C’est là une grande honte à la fois du monde financier, mais également depuis plusieurs décennies de nos gouvernants. MC