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Ça pouvait ressembler à un tir aux pigeons…

Il y a deux semaines, Eric Morvan, le chef des poulets, s’est fendu d’une lettre cinglante à son homologue, Richard Lizurey, patron des gendarmes. Il désirait savoir pourquoi, lors du G7 de Biarritz, qui se tenait quinze jours plus tôt, les pandores avaient descendu deux drones de la police en vol !

Le 24 août, les anti-G7 se donnent rendez-vous pour une manif maousse dans les rues d’Hendaye ; la gendarmerie est chargée de jouer les gros bras. Avant que les hostilités démarrent, les pandores testent leur brouilleur anti-drones, comme l’a raconté TF1 (25/9).

Essai concluant : un engin volant dernier cri de la police aux frontières (PAF) est contraint de se poser en catastrophe. Après explication de gravures entre les belligérants, un autre drone de la PAF s’élève dans les cieux.

Au même moment, un aéronef hostile est repéré par les gendarmes, qui pointent leur flingue anti-drones. Pif ! Le joujou de la PAF est descendu en flèche. Plouf ! La petite merveille s’abîme dans l’océan.

Quarante-huit heures plus tard, Emmanuel Macron met la dernière main à son interview télévisée du soir, retransmise en direct depuis le phare de Biarritz. Plusieurs drones sont mobilisés. L’un deux, un Matrice 210 équipé de caméras thermiques, veille à la sécurité du Président. Sa mission ? Signaler toute intrusion dans la zone rouge. Soudain, au PC LAD (lutte anti-drones), les opérateurs au sol perdent le contrôle de leur coucou à 30.000 euros.

 Branle-bas de combat : les écrans de contrôle restent désespérément noirs, impossible de faire revenir le drone à la base. Le bidule volant, qui pèse 5 kg, finit par sombrer à 30 mètres de fond. Re-plouf !

Les gorilles suréquipés de Trump sont illico soupçonnés d’avoir flingué le matos français.

Fausse piste encore : les tueurs sont français et portent des képis ! Troublant, car les artilleurs avaient le choix : dans le ciel du G7, pour protéger tout ce beau monde, on dénombrait pas moins de 62 drones, français et étrangers…

Ergots sortis, les poulets, pensant carrément que la maison d’en face l’a fait exprès, songent à porter plainte.

Pas de quoi impressionner les gendarmes : ces derniers font remarquer que certains flics n’avaient même pas le permis drone !

Et un gradé d’ajouter : « S’il y a plainte, on va bien rigoler. Ils veulent se payer un nouveau drone à nos frais ou quoi ?»

Il y a vraiment de quoi lever les yeux au ciel…


Article signé des initiales : D. H. et C. L. – Le Canard enchaîné. 02/10/2019