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C’est grave docteur, quoi ce que vous respirez, comment voulez-vous que je vous réponde, personne ne sait ce qui a brulé, sauf … peut-être certains du gouvernement et encore la dissonance est voyante. Ça rappel le nuage de Tchernobyl s’arrêtant à la frontière française cette affaire … ou encore l’affaire AZF à Toulouse … enfin sans jouer la conspiration, évitez la rétention d’infos mesdames et messieurs les sinistres qui tenez les rênes de la France en ce moment et ce même si dire la vérité, n’a jamais été le fort des élus. MC

Le feu à Rouen dans une usine classée Seveso

Négligées par les autorités, la sécurité et l’information des habitants voisins de l’usine Lubrizol de Rouen, qui depuis jeudi parfume l’atmosphère ? A peine : l’Éducation nationale, elle, avait tout prévu !

Au cas hautement improbable où un site chimique classé Seveso viendrait à cramer, le rectorat dispose d’un « plan particulier de mise en sûreté face aux risques majeurs ». Lequel doit permettre d’alerter par SMS les directeurs d’école afin qu’ils confinent les élèves et en avisent les parents. Simple, non ?

Sauf à Rouen, visiblement.

  • Premier bug : les dirlos, qui, comme d’habitude, se pointent vers 7 heures (alors que les fumées toxiques sont déjà partout) ne sont alertés de rien.

Pourtant, le préfet a, depuis plusieurs heures, annoncé la fermeture des établissements. Des gamins arrivent au compte-gouttes.

  • A 8 heures, les sirènes de l’agglomération retentissent. Les enseignants n’ont toujours pas reçu le moindre SMS ou e-mail. De leur propre initiative, des maîtres adressent alors un courriel aux parents : surtout, restez chez vous !
  • A 8 h 30, c’est (normalement) le début de la classe. Le rectorat n’a pas donné signe de vie.
  • A 9 heures, enfin, un SMS d’alerte est envoyé aux directeurs.
  • A 10 heures, ces derniers (la plupart sont rentrés chez eux) reçoivent un message sur leur téléphone ; on leur demande d’être à leur poste, dans leur école… pour « assurer l’accueil des élèves et les mettre à l’abri » !

Si ce n’est pas un retard à l’allumage…

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que des enseignants de trois collèges de l’agglomération normande fassent usage de leur « droit de retrait », évoquant des odeurs persistantes, des nausées et des vomissements. Quelles chochottes !

Mais que les profs se rassurent : les policiers n’ont guère été mieux traités.

Sitôt le feu déclaré dans l’usine, des flics en tenue sont dépêchés pour sécuriser la zone où s’activent les pompiers. Alors que ces derniers sont équipés de masques à gaz, les poulets, eux, respirent la fumée à pleins poumons. Avec, pour les plus chanceux, un masque à poussière comme seul filtre.

Même sous-équipement pour les deux compagnies de CRS de la région parisienne déboulées dare-dare en renfort. Depuis, ses membres se bousculent à l’infirmerie.

  • Le 30 septembre, la moitié d’entre eux, victimes de nausées et de maux de tête, avaient consulté la Médecine du travail. Verdict des analyses de sang ? Déficit d’oxygène…
  • Plusieurs flics ont décidé de porter plainte. Ils l’ont d’autant plus en travers de la gorge que les commissariats locaux disposaient de tenues de protection et de masques à gaz.
  •  Idem pour les CRS, qui, équipés du barda adéquat, s’entraînent en prime une fois par an au risque chimique.
  • Les mêmes poulets ont encore toussé lorsqu’ils ont découvert que les gendarmes mobiles appelés à la rescousse disposaient, eux, d’une panoplie complète de protection.

Ça va encore attiser le feu…

Dessin de Aurel – Le Canard Enchainé – 02/10/2019

« Les odeurs sont dérangeantes mais pas nocives, c’est ce que disent les scientifiques et techniciens. » Si Édouard Philippe l’affirme…

Après la visite éclair, le 30 septembre, du Premier ministre à Rouen, on y voit toujours aussi peu clair.

Les pouvoirs publics, totalement « transparents », n’ont, à ce jour, pas révélé la nature et la quantité des produits chimiques stockés dans l’usine.

Notamment parce qu’une circulaire du 6 novembre 2017, cosignée par l’Intérieur et le ministère de l’Écologie, prévoit, au nom du risque terroriste, de garder secrets les noms des substances stockées et leurs volumes. Il s’agit là d’« informations non communicables mais pouvant être consultées selon des modalités adaptées et contrôlées » (sic).


Didier Hassoux et Christophe Labbé – Le Canard enchainé – 02/10/2019