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L’expérience islandaise est une des inspirations souvent citées de la Convention citoyenne tirée au sort mise en place par le gouvernement sur la question climatique. [Cet État a fait l’expérience en lançant un processus constitutionnel qui s’est en partie appuyé sur une assemblée tirée au sort. Quel en est le résultat ?]

[Un] échec [au] final. [Malgré tout] l’étude de ce processus est intéressante à plus d’un titre. Elle renseigne sur les raisons de l’attraction du tirage au sort et sur ses ambiguïtés potentielles. Elle nous rappelle notamment que, chassée par la porte, la lutte politique (censée être éclipsée par le dispositif) revient souvent par la fenêtre.

Alors que le tirage au sort devait compenser la perte de légitimité de la classe politique, celle-ci s’est déchirée sur la nouvelle Constitution (et l’a finalement bloquée) dès lors que des dispositions heurtaient certains principes et intérêts jusque-là protégés.

Avant toute chose, il faut cependant rappeler les circonstances de l’épisode islandais et démythifier le rôle qu’y joua le tirage au sort. Alors qu’on se représente le projet de nouvelle Constitution comme le produit de citoyens ordinaires, rédigée au cours d’une délibération démocratique exemplaire, il s’avère que ceux qui ont été tirés au sort n’ont siégé qu’une journée et n’ont fait qu’inspirer des constituants aux propriétés sociales beaucoup plus élitistes, élus par une fraction étroite des citoyens. Leur texte final fut cependant jugé si dérangeant par une partie de la classe politique qu’il attend toujours dans les limbes des débats parlementaires.

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Si la France n’a pas connu une crise de l’ampleur de celle vécue en Islande, le mouvement des « gilets jaunes » tout comme auparavant l’élection présidentielle de 2017 ont témoigné d’un rejet certain de la classe politique traditionnelle. Comme le suggère le professeur en science politique Laurent Jeanpierre, le pouvoir a usé d’une double méthode pour juguler la contestation sociale : la répression, mais aussi l’ouverture d’un front délibératif (le fameux « grand débat »).

Au lieu d’impliquer les citoyens dans une refonte ouverte de l’ordre social, cette technique de pouvoir visait à diviser ses opposants et à faire descendre la température politique. On peut penser que la convocation d’une Convention s’inscrit dans cette même tactique.

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Dans le cas français, les tactiques précédentes du gouvernement et l’absence d’obligation stricte pesant sur l’exécutif se conjuguent pour laisser possible le scénario d’un enterrement des travaux de la Convention, si ceux-ci se révèlent dérangeants. La seule garantie d’y échapper résiderait dans des mobilisations et contestations en parallèle de la Convention, augmentant le coût politique pour le pouvoir d’en ignorer les propositions.

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Fabien Escalona et Romaric Godin. Médiapart. Titre original : « Tirage au sort: la décevante expérience islandaise ». Source (Extrait)


Un avis … comme un autre, mais …

Le principe de débattre avec un parterre « fermé », « sélectionné » pour divers raison comme sur le sujet des retraites comme l’impose Macron est bien dans l’objectif de « sauter » le processus démocratique législatif, de passer par dessus les syndicats et de faire croire ainsi … que l’ensemble de la population est d’accord avec le gouvernement MC