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La lutte pour le climat et l’environnement s’est élevée d’un immense cran depuis la rentrée.

Les études alarmantes de scientifiques, notamment celle produite par le GIEC sur la montée des eaux et l’état des océans, ébranlent chaque jour de nouvelles consciences. La Russie s’est d’ailleurs enfin jointe à l’accord de Paris duquel Trump a retiré son pays… Les propos décidés de la jeune Greta Thunberg y contribuent également. D’autant qu’elle pointe désormais l’avidité des dirigeants mondiaux plus soucieux d’argent que du climat, disant avec d’autres mots ce qu’Hugo Chavez proclamait : « Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé ». La lutte pour le climat porte donc en elle des considérants de plus en plus politiques.

Les associations mobilisées avaient alerté dès l’été sur l’importance du sommet sur le climat réuni lors de l’assemblée générale des Nations unies à New-York.

Ce sommet a surtout permis de faire apparaitre la contradiction majeure des États les plus puissants, principaux émetteurs de CO², incapables de répondre aux enjeux pour conserver leurs positions dans la compétition capitaliste mondiale.

La question environnementale apparait donc de moins en moins comme autonome […]. Or nous ne pourrons collectivement changer les modes de production sans changer les rapports de production, c’est-à-dire sans modifier en profondeur la société dans laquelle nous vivons.

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De New York à Peshawar, des atolls de Pacifique à Paris, de Kampala à Sydney, des millions de jeunes se sont mis met en mouvement pour appeler à conjurer le réchauffement climatique. Depuis combien de temps n’avons-nous vu combat partagé, à des degrés certes divers, par des jeunesses aux conditions d’existences radicalement différentes de 150 pays, animées par une même colère, un même combat ? L’évènement est de très haute importance, non seulement pour ce qu’il dit de la jeunesse du monde, de ses combats et de ses aspirations, mais aussi au regard des potentialités qu’il recèle pour une mise en cause radicale et mondiale du système de production et d’échange capitaliste.

Il est d’abord inédit par son ampleur. L’appel de la jeune Greta Thunberg a semble-t-il été entendu, contribuant à accélérer le mouvement de la jeunesse pour la sauvegarde notre environnement. Ces « grèves du vendredi » semblent vouloir s’enraciner dans la durée, dans les jeunesses et différents pays du monde.

Nous sommes à ce stade face à l’expression massive d’un refus : celui de rester spectateur de l’effondrement de la biodiversité et du réchauffement climatique. Il est proprement de venu intolérable d’apprendre un jour que 3 milliards d’oiseaux ont disparus en 50 ans, dont 90% d’hirondelles et de moineaux, que 30% des insectes sont menacés de disparition, que la montée inexorable des eaux va pousser des dizaines de milliers d’êtres humains sur les routes de l’exil, que différentes espèces animales comme végétales sont en voie d’extinction du seul fait du mode de développement qui s’est imposé à l’humanité depuis plus de deux siècles.

La prise en main par les peuples eux-mêmes des combats contre le réchauffement climatique et la sauvegarde de notre biodiversité est une excellente nouvelle. A travers ce processus mûrit une conscience politique nouvelle qui pointe la responsabilité du mode de développement capitaliste, l’accumulation de marchandises, la course au profit, et les inégalités qui lui sont liées. S’éloignent par la même occasion les fables d’un capitalisme vert dont s’amusent les multinationales pour soigner leur image.

Nul doute que ce mouvement va gagner en ampleur dans les mois et années qui viennent, prenant des formes nouvelles à mesure que la catastrophe environnementale sera encore plus connue. Croisée avec les luttes qui s’accumulent contre les désastres sociaux et celles contre les risques de guerre qui redoublent à la faveur d’une nouvelle course aux armements […]

Elle pose l’enjeu d’une nouvelle économie des besoins qui ne soient plus aliénants, de nouveaux modes de productions et de distribution indexés non plus sur le profit mais sur la préservation l’environnement et la qualité du travail, d’un partage radical des richesses extirpées des mains avares du capital, de coopérations en lieu et place de la concurrence entre nations et entreprises, et d’un nouveau pouvoir de décision des travailleurs dans les entreprises et des citoyens dans la cité. […]


Patrick Le Hyaric – Son Blog : source