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Boris Johnson, combien de temps va-t-il tenir en place ?

Le Premier ministre britannique a renouvelé mardi [24/09/2019] son appel à des législatives anticipées, après que la Cour suprême a jugé illégale sa décision de suspendre le Parlement à l’approche du Brexit.

« Illégal, nul et non avenu » : la Cour suprême a infligé mardi une défaite historique à Boris Johnson, en jugeant illégale sa décision de suspendre le Parlement à l’approche du Brexit. Et c’est à contrecœur que le Premier ministre britannique s’est engagé à respecter la décision de la Cour : « Je dois dire que je ne suis pas du tout d’accord avec ce que les juges ont établi. Je ne pense pas que ce soit juste mais nous irons de l’avant et bien sûr, le Parlement va revenir ». Les députés vont reprendre leurs travaux dès ce mercredi matin et la Chambre des Lords se réunira dans l’après-midi.

La Cour a suivi l’argumentaire des adversaires de Boris Johnson, qui l’accusaient d’avoir suspendu le Parlement pour museler l’opposition et sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 octobre, même sans accord de divorce. Lui n’a eu de cesse de répéter que la suspension du Parlement était justifiée afin de préparer et présenter ses priorités politiques nationales après son arrivée au pouvoir fin juillet.

« Les députés doivent être courageux et demander des comptes à ce gouvernement sans scrupule », a réagi Gina Miller, une militante anti-Brexit qui est à l’origine d’un des recours examinés par la Cour suprême. Elle avait déjà obtenu en justice de forcer l’exécutif à consulter le Parlement sur le processus de retrait de l’UE.

Cette décision de la Cour suprême constitue une défaite majeure pour Boris Johnson qui, depuis son arrivée au pouvoir, a essuyé échec sur échec concernant sa stratégie de sortie du Royaume-Uni de l’UE à tout prix le 31 octobre. Il a répété mardi avoir bon espoir de pouvoir conclure un accord de divorce avec Bruxelles, même si les dirigeants européens ne partagent pas son optimisme.

Appel à des élections anticipées

Mais il a de nouveau exclu de reporter le Brexit de trois mois si aucun compromis n’est trouvé, à l’encontre d’une loi votée dans l’urgence avant la suspension du Parlement, dans la nuit du 9 au 10 septembre, afin d’éviter des conséquences potentiellement chaotiques pour l’économie britannique.

Dans les rangs de l’opposition, les appels à la démission de Boris Jonhson se multiplient. Le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn, a souhaité qu’il devienne « le Premier ministre le plus éphémère de tous les temps ». Plusieurs députés ont aussi dit vouloir faire tomber le gouvernement, qui ne dispose plus de majorité.

Boris Johnson, quant à lui, a renouvelé son appel à des législatives anticipées, une option refusée jusqu’à présent par les députés britanniques.


Article Non signé – Le Dauphiné Libéré. 25/09/2019