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Top départ de la bataille contre « Hercule ».

Ce jeudi [19 sept 2019], l’ensemble des organisations syndicales représentatives d’EDF ont appelé à la grève  pour contester le projet de scission de l’entreprise publique présenté en juin par son président-directeur général Jean-Bernard Levy. « Ce n’est pas en vendant EDF « à la découpe » que l’on dessinera l’avenir du service public de l’électricité, bien de première nécessité et clef du défi climatique », affirme l’intersyndicale d’EDF dans un communiqué publié ce jeudi. […]

Ramener les activités nucléaires dans le giron public

[…] Baptisé « Hercule », le projet de réorganisation d’EDF voulu par l’Etat – actionnaire à 83,7 % d’EDF -, vise à isoler le risque financier que représente  le nucléaire en séparant les activités du groupe en deux entités.

  • D’un côté, « EDF Bleu » (détenu intégralement ou quasi intégralement par l’Etat) rassemblerait toutes les activités nucléaires, les barrages hydroélectriques et sans doute le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE).
  • De l’autre côté, « EDF Vert » (coté en Bourse à hauteur d’environ 40 %) regrouperait les activités de commercialisation d’électricité d’EDF, les énergies renouvelables, les services, et Enedis (ex-ERDF), le réseau de distribution d’électricité. En discussion, ce projet doit être finalisé d’ici à la fin de l’année.

Pour les syndicats, cette scission ne résout pas l’équation financière délicate d’EDF. « EDF fait face à un [dilemme] pour financer la rénovation des centrales nucléaires et la construction de nouveaux EPR. Ce projet ne règle en rien cette question. Le problème d’EDF est avant tout un problème de régulation : il faut refonder l’ Arenh (le dispositif qui oblige EDF à vendre à un prix fixe à ses concurrents le quart de sa production nucléaire) », plaide Alexandre Grillat, de CFE-CGC Énergies. Ce sujet est également sur la table, mais il reste suspendu à des négociations incertaines avec la Commission européenne.

Avec cette scission, les syndicats [présents à] EDF craignent de subir une concurrence plus féroce des fournisseurs d’électricité alternatifs, ce qui pourrait avoir des impacts sur l’emploi. « Le processus de privatisation d’EDF Vert n’est pas envisageable », martèle Philippe Page Le Merour.

Le sujet commence aussi à  agiter les députés. « Tout cela est fait en catimini, la représentation nationale n’a pas été consultée sur l’évolution de la première participation de l’Etat », proteste le député d’Eure-et-Loir (LR) Olivier Marleix, qui critique la scission telle qu’elle est envisagée. « Renvoyer le nucléaire à la seule responsabilité de l’Etat et ouvrir au marché ce qui est profitable est un drôle de montage », explique ce dernier aux « Échos ».

Interrogé à l’Assemblée nationale cette semaine le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire tenté de jouer l’apaisement. « Aucune décision n’a été prise sur EDF. […] Nous voulons permettre à EDF de réussir. Nous garantirons l’intégrité d’EDF et nous ferons en sorte qu’il reste le fleuron industriel qu’il est ». [Vouai, vouai, mais comment et pourquoi faire confiance à un Le Maire qui a de nombreuses fois prétendue défendre les entreprises tout en leur faisant un enfant dans le dos. MC]


Sharon Wajsbrot. Les Echos. Titre original : « Chez EDF, les syndicats ouvrent les hostilités contre la scission du groupe ». Source (extrait)