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À quelques semaines de la rentrée universitaire, de très nombreux étudiants français font leurs valises pour des campus étrangers. Une façon de grandir, souvent ; de repartir de zéro, parfois.

[…] La majorité d’entre vous part dans le cadre du programme Erasmus, fondé il y a 32 ans. On constate même un “effet Auberge espagnole”, du nom du film de Klapisch de 2002. Loïk Mathieu, qui est parti en 2017 en Slovénie dans le cadre du programme Erasmus et est aujourd’hui diplômé et à nouveau expatrié, raconte comment l’idée lui est venue :

J’en rêvais depuis des années, depuis le soir où ma mère m’a dit : ‘Loïk, descend ! Il y a un super film à la télé.’ Ce film, c’était ‘L’Auberge espagnole’, qui a marqué une génération entière de jeunes.

Quelques années plus tard, alors que je faisais mes valises pour Maribor, mes parents, qui avaient déjà l’habitude de me voir bourlinguer hors de France, me dirent simplement : ‘On viendra te voir cet été, alors !’ Je n’ai jamais eu d’appréhension quant à partir au-delà des frontières françaises. […] Il ajoute : “Étudier à l’étranger, c’est entrouvrir la porte à l’Europe et comprendre que notre génération est plus européenne que française.” […]

L’Angleterre : destination fétiche malgré le Brexit

Vous êtes nombreuses et nombreux à partir outre-Manche. […] Le coût de la vie et particulièrement des logements est une source vive d’inquiétude, mais la grande majorité des étudiants est soutenue, sinon financièrement du moins moralement, par leurs familles et restent optimistes.

Le Canada, terre de tous les possibles

L’autre destination phare des futurs étudiants à l’étranger est le Canada, plus lointain certes, mais extrêmement attractif, notamment en raison de la langue et des accords entre le Québec et la France. Victor Morelle est parti faire son master en relations internationales à l’université de Montréal en 2017. Il évoque “un choc culturel est très formateur, entre l’organisation des cours (principalement des lectures et des débats entre étudiants), l’accès privilégié aux professeurs et l’accent mis sur les cours pluridisciplinaires… Malgré tout, le dépaysement est relatif, 70 % des étudiants étant français dans tous les cours…”

Pour Kevin René, le départ au Canada s’est fait un peu au hasard “après quatre ans de dépression et de déscolarisation”, mais a complètement changé sa vie.

Après huit mois de travail en CDD à temps plein en restauration en 2013, j’ai donc décidé de reprendre mes études en septembre de cette année. Devant l’impossibilité de retourner au lycée (même professionnel), mon père m’a parlé d’une réunion organisée à La Rochelle par le ministère de l’immigration québécois. J’y suis donc allé, et j’ai appris que le Québec autorisait n’importe qui à reprendre ses études à n’importe quel âge. J’ai donc attendu le mois de janvier 2014 pour présenter une demande d’admission au cégep. J’ai été accepté, j’ai donc fait les démarches auprès de l’immigration et je suis parti, seul, sans jamais être allé à Montréal auparavant, le 30 juillet 2014. J’ai décroché mon diplôme pré-universitaire en 2017, et je suis à l’université de Montréal depuis un an pour faire un baccalauréat (d’abord en urbanisme, puis en science politique à partir de septembre).”

Mais tout n’a pas été simple au Canada, ni pour Kevin René ni pour Victor Morelle. Kevin évoque la difficulté de s’éloigner des siens mais aussi le prix des études, qui s’élève à 3 000 euros par semaine, car les étudiants français payent le même tarif que les Canadiens non québécois. Victor met en avant des procédures d’immigration difficiles, notamment pour l’obtention de son visa étudiant.

Quand il repense à son parcours, à la chance qu’il a eue de “pouvoir repartir de zéro” au Canada, Kevin René n’a pas de regret et en veut au système éducatif français. Et aujourd’hui, plutôt que de rentrer en France, il envisage de s’installer au Royaume-Uni, au Pays-Bas, en Belgique ou dans un pays scandinave.

Une chose est sûre, une première expérience à l’étranger en tant qu’étudiant est souvent un premier pas dans une vie tournée vers l’international, vers de nouvelles expériences, de nouvelles rencontres et de nouveaux horizons.


Ingrid Therwath – Courrier Expat – Courrier international. Titre original : « Ça y est, je pars faire mes études à l’étranger  ! ». Source (extrait)