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Après ses effets sur les prix à la pompe, des chercheurs alertent sur un risque terroriste lié à la guerre au Yémen d’où l’attentat de Charlie Hebdo avait été revendiqué par Al-Qaïda.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a lancé ce jeudi une vaste offensive contre les rebelles houthis au Yémen, la première depuis les frappes contre des installations pétrolières saoudiennes samedi dernier.

Ces attaques revendiquées par les Houthis, des chiites soutenus par l’Iran, ont provoqué une flambée des cours du baril. La guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et l’Iran au Yémen a une répercussion sur les prix à la pompe qui vont augmenter de 4 à 5 centimes la semaine prochaine.

Le conflit qui a fait de nombreuses victimes dont 85.000 enfants morts de famine ou de maladie selon l’ONG Save the children pourrait aussi entraîner un regain de menace terroriste.

Al-Qaïda reste très implanté au Yémen où Daech est aussi présent. Les deux organisations djihadistes profitent d’une guerre qui s’enlise et tourne au cauchemar pour le régime saoudien.

Plusieurs ONG dénoncent la responsabilité de la France dans ce conflit car Paris n’a jamais cessé ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite, contrairement à l’Allemagne et à d’autres pays occidentaux.

Pas d’afflux de réfugiés

« La France qui a un siège permanent au conseil de sécurité des Nations Unies n’a jamais cherché à s’opposer à cette guerre, ni proposé la moindre résolution. Elle préfère continuer à faire des affaires avec l’Arabie saoudite », déplore le chercheur yéménite Farea Al-Muslimi, directeur du Sanaa Center.

« Jusqu’ici, la paix au Yémen n’intéressait pas grand monde car il n’y a pas de réfugiés arrivant en Europe. Les pays riches ressentent pour la première fois les effets du conflit avec les attaques sur les installations pétrolières. Une goutte de pétrole crée plus d’émotion qu’une rivière de sang », constate Farea Al-Muslimi.

Un autre Charlie Hebdo est possible.

Le chercheur accuse la France de jouer avec le feu au Yémen, quatre ans après l’attentat de Charlie Hebdo, qui avait été revendiqué par la branche yéménite d’Al-Qaïda. Chérif, l’aîné des frères Kouachi, s’est entraîné au Yémen en 2011. « Le risque terroriste depuis le Yémen existe. Un autre Charlie Hebdo est possible », assure Farea AI-Muslimi. « L’organisation s’est renforcée ».

Mohammed al-Katheri témoigne de la menace que représente toujours Al-Qaïda, dont les combattants, se sont repliés dans des zones montagneuses. Au port d’Al Moutadi, un million d’habitants contrôlé par Al-Qaïda jusqu’en avril 2016, la nostalgie de cette époque gagne les populations.

« La politique de la France contribue à affamer les familles et crée une bombe à retardement. Les gens disent qu’ils vivaient mieux sous Al-Qaïda car il y avait de l’électricité et pas d’attentats. La société yéménite a été détruite par la guerre. Les enfants ne jouent plus au foot mais avec des armes en plastique. Ils ne rêvent plus de devenir médecins. Ils veulent poser des bombes contre les infidèles ».


Luc Chaillot – le Dauphiné Libéré – 21./09/2019


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Yémen : les rebelles houthistes prêts à arrêter toutes les attaques contre l’Arabie saoudite

Après que les « rebelles » houthistes ont revendiqué, le 14 septembre [2019] [alors que le conflit Yémen-Arabie Saoudite a débuté en 2015], des attaques ayant provoqué des incendies dans deux sites dans l’est du royaume saoudien : l’usine d’ Abqaiq, la plus grande au monde pour le traitement de pétrole, et le champ pétrolier de Khurais. Elles ont entraîné une chute de moitié de la production saoudienne, soit environ 6 % de l’approvisionnement mondial.

Les yéménites houthistes par la voie du président du Conseil politique des houthistes (équivalent au président de la République), Mehdi Machat, […] dans un discours à l’occasion de la prise par les rebelles de la capitale Sanaa, le 21 septembre 2014, « l’arrêt de toutes les attaques contre le territoire de l’Arabie saoudite », en espérant que « ce geste aura pour réponse un geste plus fort » de la part des Saoudiens, (rapporté par la télévision Al-Massirah des rebelles houthistes).[…]

Il s’agit, selon Mehdi Machat, d’une initiative « pour parvenir à la paix par le biais de négociations sérieuses en vue d’achever une réconciliation nationale globale qui n’exclut personne ». […]

« Nous attendons de cette initiative une meilleure réponse qui comporte l’arrêt de toutes les attaques et tous les raids aériens de nos territoires », a ajouté le dirigeant rebelle, ajoutant : « Poursuivre la guerre n’est dans l’intérêt de personne. » […]


Article rédigé d’après « Le Monde » – Source (Extrait)