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Selon des estimations provisoires, les résultats du scrutin présidentiel du 15 septembre 2019 ont créé la surprise. Kaïs Saïed, un candidat outsider, ultraconservateur, arrive en tête avec environ 19 % des votes.

Un camouflet cinglant pour la classe politique établie et un nouveau défi pour la transition démocratique de la Tunisie. L’analyse du webzine tunisien Business News.  Les dés sont jetés et les jeux sont faits pour ce premier tour de l’élection présidentielle. Et si une grande partie des Tunisiens s’attendaient à la victoire de Nabil Karoui [en détention depuis le 23 août pour blanchiment d’argent et fraude fiscale, il est crédité de 15 % des voix et arrive en deuxième position], beaucoup ont été surpris par l’ascension de Kaïs Saïed.

Un résultat qui mérite d’être observé de près pour comprendre comment Kaïs Saïed a pu remporter ce premier tour.

Sans partis politiques le soutenant officiellement, sans machine électorale apparente, Kaïs Saïed a créé la surprise.

Ce candidat à la présidentielle avare en apparitions médiatiques, qui a refusé d’être présent sur plusieurs plateaux, a réussi à passer le premier tour haut la main, dépassant tous les autres candidats, qui ont déboursé des millions de dinars pour leurs campagnes électorales et qui ont fait le show sur les plateaux de la majorité des chaînes de télévision.

Mais qui est Kaïs Saïed ? Pour ceux qui se posent encore la question, Kaïs Saïed est un universitaire et un juriste tunisien spécialiste en droit constitutionnel. Il n’est affilié à aucune formation politique et s’est présenté en tant qu’indépendant après les résultats des sondages d’opinion qui lui étaient favorables depuis plusieurs mois. […]

Avec une quasi-absence de campagne médiatique et sans grands moyens financiers, Kais Saïed a réussi à dépasser tous ses adversaires. Kaïs Saïed n’est pas un phénomène médiatique, mais un phénomène de société. […]

[…] au-delà de cet aspect, Kaïs Saïed se présente comme le candidat “antisystème”. Il a annoncé qu’il est pour un changement total du système de gouvernance actuel, à commencer par la suppression des élections législatives. Il est pour l’élection de représentants locaux qui élisent à leur tour un représentant régional pour le Parlement.

Le Parlement serait donc composé de 265 députés (au lieu des 217 actuels) avec des élections sur listes ouvertes pour les Tunisiens résidant à l’étranger.

[…]


[Attendons le résultat du deuxième tour et la suite qui en sera donné pour savoir si éventuellement la Tunisie ne basculerait pas dans un régime « autoritariste » … La France et les français ne devraient pas se désintéresser de ces élections et de l’orientation de société qu’imposerait (imposera ?) cet élu, causant très surement des remous dans cette partie de la méditerranée. MC]


Sarra Hlaoui – Courrier International. « Qui est Kaïs Saïed, le gagnant du premier tour de la présidentielle en Tunisie ». Source (Extrait)