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Six mois de grève aux urgences, trois séries d’annonces par Buzyn, et les soignants ne sont pas encore contents ?

Devant les syndicats, le 9 septembre, la ministre a enfin lâché du blé : « 750 millions d’ici à 2022 ». C’est pas beau, ça ? Euh, non, pas vraiment, soupirent les syndicats, exaspérés.

Pas d’ouvertures de lits, pas d’embauches, et l’essentiel de l’oseille ira au « désengorgement » des urgences par exemple avec la création d’un service téléphonique censé donner des conseils 24 heures sur 24 aux patients. Bref, pas un rond, ou presque, pour les hostos !

Un exploit après six mois de grève, alors que « des patients décèdent sur des brancards et que des soignants se suicident… » a halluciné le collectif Inter-Urgences .

Mieux encore : ces 750 millions seront pris sur les budgets déjà prévus. « On a posé la question, lundi, au cabinet de la ministre. La réponse, c’est que ce ne sont pas des moyens supplémentaires mais du redéploiement », explique Christophe Prudhomme, de l’Amuf.

Pif, paf, pouf… Par ici le tour de passe-passe !

Comme l’an dernier, Macron entend limiter à 2,3 ou 2,5 % la hausse du budget de l’assurance-maladie (l’Ondam, dans le jargon). Or, pour ne pas fermer de lits dans les hostos, la hausse devrait être de 3,5 %…

En clair, c’est un nouveau plan d’économies qui se profile, après 7 milliards d’économies réalisées, depuis dix ans, dans les hôpitaux. Vite, un brancard !

Comme l’a expliqué l’économiste de la santé Brigitte Dormont sur France Culture (10/9), « les dépenses de la santé sont plus importantes en France qu’ailleurs, mais, si on sépare la médecine de ville et l’hôpital, la France dépense moins que la presque totalité des pays européens pour les hôpitaux publics ». Car la cure d’austérité a été « très sévère », avertit cette experte. « Les médecins et personnels hospitaliers sont excédés, harassés (…). Il faut prendre la mesure de ce qui se passe. »

Visiblement, le message a du mal à passer…


Article signé des initiales I. B. Le Canard enchaîné. 11/09/2019