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Les Verts à peine vainqueurs [d’une élection européenne qui leur va comme un gant] et déjà divisés. A peine ils capitalisent qu’ils dilapident. Un mal ancien, quasi ontologique.

  • Souvenez-vous des années 90 et des batailles Waechter-Voynet pour savoir s’ils étaient « ni droite ni gauche » ou ailleurs.
  • Souvenez-vous des années 2000, quand Voynet était mise en minorité pour avoir trop soutenu Jospin.
  • Souvenez-vous du pauvre Gilles Lemaire, qui lui a succédé à la tête des Verts et n’a tenu qu’à peine deux ans face à la guérilla interne.
  • Souvenez-vous du meilleur score des Verts aux européennes de 2009, avec Cohn-Bendit tête de liste (16,28 %), et du départ de Martine Billard, qui trouvait le parti pas assez à gauche.
  • Souvenez-vous de Cohn-Bendit et de Noël Mamère, qui, en 2013, ont quitté le mouvement pour laisser Cécile Duflot à ses manigances.
  • Souvenez-vous, en 2015, du claquement de porte de Jean-Vincent Placé et de François de Rugy, qui voulaient devenir ministres quand Duflot ne voulait plus l’être.

Autant de déchirures internes qui ont rendu les écolos plus politiciens que la moyenne. Ils y ont perdu leurs adhérents (10.000 de moins en six ans) et beaucoup de leur crédibilité.

Et puis voilà que l’Histoire leur repasse les plats. A la surprise générale, Yannick Jadot a obtenu un bon score aux européennes de juin (13,5 %).

Et, depuis, que se passe-t-il ?

Ça défouraille. La preuve par l’université d’été des Verts, le week-end dernier. David Cormand, le patron d’EELV, a fait la leçon au camarade Jadot, l’invitant à résister à la « tentation de l’arrogance » et à la « tyrannie des ego ».

Et paf ! « Il faut être modeste, oui, par rapport aux enjeux et à la situation, mais il faut avoir une ambition extraordinaire », a rétorqué Jadot, qui a une extraordinaire ambition : il veut gagner la prochaine présidentielle [rien que ça ? MC].

Sa compagne la joue modeste aussi, qui se contente, elle, de vouloir « changer concrètement la vie des Parisiennes et des Parisiens ». Isabelle Saporta s’est engagée pour les prochaines municipales, non pas avec les Verts mais avec l’outsider Gaspard Gantzer. Comme elle ne veut rien pour elle, elle a juste négocié avec lui un poste de premier adjoint, au cas où.

C’est ça, la modestie.


Article signé des initiales J.-M. Th. Le Canard enchaîné. 28/08/2019