Étiquettes

, ,

… peut-être que le sous-titre « l’amer bataille » eut été plus judicieux !

Nous y voici. Comme une armée en campagne, le gouvernement commence à déployer ses armes pour [essayer de] remporter ce qui sera sans doute la bataille la plus symbolique du quinquennat d’Emmanuel Macron.

L’audacieuse  réforme des retraites proposée par Jean-Paul Delevoye le 18 juillet dernier sera (si elle est mise en œuvre) [a la fois la plus inéquitable et la plus destructrice socialement, mais selon Macron, ses ministres ses députés et certains expert économopolitojesaistout] l’une des plus importantes du siècle pour notre pays.

[…]

… pour y parvenir, il faudra d’abord franchir l’obstacle de l’opinion et de ses «égoïsmes corporatistes » pour reprendre [l’insultante formulation] du Haut-Commissaire à la réforme des retraites.  

Le  recours à la démocratie directe sur un sujet si complexe n’est en rien un gage de réussite

[…] C’est pour tenter de désamorcer une fronde naissante que le gouvernement annonce une grande concertation nationale – sur le modèle du Grand Débat- pour le mois prochain. 

Une pierre de plus dans le jardin des partenaires sociaux, qui seront reçus pourtant à Matignon le 6 septembre prochain. Plus question, en effet, de compter sur les syndicats pour canaliser les mécontentements. FO et la CGT manifesteront en ordre dispersé et la CFDT n’a pas l’intention de s’associer à leur mouvement.

Comme l’a montré l’an dernier la crise des gilets jaunes, la dynamique sociale est aujourd’hui portée par une société civile aux corps  intermédiaires peu ou pas structurés. Le danger d’une explosion incontrôlée n’en est que plus grand, surtout lorsque la contestation porte sur un sujet (celui des retraites) qui reste l’un des rares encore capables de précipiter des millions de citoyens dans les rues.

 On se souvient qu’en  2010, lors du passage de l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans, Nicolas Sarkozy, alors président, avait essuyé  quatorze mouvements nationaux réunissant parfois plusieurs millions de manifestants. 

Entre la charge explosive attachée à la réforme, le ressentiment social solidement ancré dans une partie de la population et l’inanité des relais d’opinion traditionnels, le cocktail est suffisamment dangereux pour tenter une autre voie. Pour autant, le  recours à la démocratie directe, sur un dossier aussi complexe, n’est en rien un gage de réussite tant les passions peuvent aujourd’hui l’emporter sur la raison.

Mais le gouvernement [des toujours plus riches] n’a plus tellement d’autres choix [pour faire mourir un service public (social) qui désespère les gouvernements et le patronat ; ces derniers ne pouvant tirer des bénéfices d’une masse financière collectée, ce qui sera possible avec la reforme Delevoye et la quasi obligation pour l’ensemble des salariés de prendre une assurance complémentaire pour se soigner et constituer (via des organismes de placement les fonds de pensions en espérant qu’il n’y ait jamais de dévaluation(s) financière(s) sinon ils perdraient toutes retraites possibles) une rente mensuelle … qui pourrait être dégressive suivant l’âge !].  


Article sur une trame de Daniel Fortin. Les Echos. Source (extrait)