Et c’est une élue (pauvres électeurs), et ça donne des leçons, et ça à l’oreille du roitelet Élyséen … ! La secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes fait parler d’elle outre-Manche

Dans une interview, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes a assuré être “sapiosexuelle”, c’est-à-dire attirée par les hommes intelligents. Pour The Times, cela montre à quel point les Français peuvent être “pédants”.

« Après Les Liaisons dangereuses, La Philosophie dans le boudoir, du marquis de Sade, et Madame Bovary, on aurait pu croire que tout avait été dit ou presque sur le désir sexuel à la française », ironise The Times. C’était compter sans Marlène Schiappa. La secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes fait parler d’elle outre-Manche après avoir annoncé, dans une interview publiée par Le Journal du Dimanche, être “sapiosexuelle”.

“Sapio quoi ?” s’exclame une journaliste britannique, toujours dans les colonnes du Times : « Être sapiosexuelle, [lui] a expliqué [Marlène Schiappa], signifie qu’elle ne sort qu’avec des hommes intelligents. C’est une sorte de fétichisme, comme lorsqu’on est émoustillé par, mettons, les dos poilus. »

Pour l’auteure de l’article, cela montre « combien les Français peuvent être pédants lorsqu’ils s’expriment », mais aussi leur « propension à tout intellectualiser ». Et pourtant, s’étonne-t-elle encore, Marlène Schiappa est loin d’être la seule en France à attacher une telle importance à l’intelligence chez leur partenaire. C’est même la deuxième qualité recherchée après la gentillesse, d’après une étude scientifique.

« Donc, peu importe [pour elle] qu’il ait de beaux yeux ou un bon sens de l’humour. Ce qui compte, c’est la perspective de conversations excitantes sur l’inversion de la courbe des taux d’intérêt et Proust. »

Un homme intelligent et moche serait un ami, pas un amant

D’après le vécu de la journaliste du Times, toutefois, il y aurait débat : « Il est vrai que l’intelligence peut séduire, mais d’après mon expérience elle n’est rien sans l’apparence. » Elle poursuit ainsi :

« Un petit sondage auprès de mes amies a montré qu’une seule d’entre nous avait trouvé un homme laid attirant parce qu’il était intelligent, et l’histoire avait fini en larmes. Nous étions toutes tombées dans les bras d’hommes au physique ingrat qui nous avaient fait rire, mais jamais dans ceux d’hommes intelligents avec lesquels nous n’avions pas ri. En général, avions-nous conclu, un homme intelligent et moche sera un ami, mais pas un amant. »

Quelques accents snobs

Pour en revenir à l’utilisation du terme “sapiosexualité”, The Times explique, dans un troisième article, que celui-ci illustre « l’explosion des étiquettes utilisées pour désigner les orientations sexuelles ». Ces dernières années, « de nouveaux mots sont venus allonger le glossaire. Aux termes classiques d’‘hétérosexuel’ et d’‘homosexuel’ se sont ajoutés, par exemple, ceux d’objectophile’ (personne éprouvant une attirance sexuelle pour les objets) et d’‘asexuel’ (qui ne ressent aucune attirance sexuelle pour personne). » Apparu il y a quelques décennies, le terme “sapiosexuel” serait désormais « courant dans les profils sur les sites de rencontre », avec même quelques « accents snobs ».

Mais, surtout, se désole The Times, toute cette polémique autour de la sexualité de Marlène Schiappa – qui lui a valu, entre autres, de violents échanges sur les réseaux sociaux avec un maire d’extrême droite – a « captivé l’imagination des médias et éclipsé tout ce qui a été dit sur son ascension fulgurante au sommet de la politique française et sur son combat pour l’égalité dans un pays patriarcal qui n’a jamais porté une femme à la présidence ».


Source original : The Times . www.thetimes.co.uk


Source française . Courrier international. Lien