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La promesse de Macron de restaurer Notre-Dame de Paris d’ici aux JO de 2024 n’est pas gagnée.

Après l’incendie du 15 avril, le chantier était censé démarrer tambour battant et être achevé en cinq ans. Il ne cesse, en fait, de collectionner les retards. La récente décision du préfet d’Ile-de-France de suspendre durant quinze jours les travaux en raison de la pollution au plomb en est la dernière illustration…

Au printemps dernier, les responsables de la restauration avaient annoncé à la presse que le déblaiement des décombres et la sécurisation du site seraient achevés avant fin août. Mieux : une bâche « recouverte intégralement d’une photo de l’ancienne toiture » et donnant l’illusion d’une couverture intacte devait être installée « avant cet été ». Et le démontage du gigantesque échafaudage déformé par les flammes allait démarrer en juillet.

Aujourd’hui, le sol de la cathédrale est encore jonché de débris. La voûte menace toujours de s’effondrer. Le transept reste ouvert aux quatre vents. Et l’échafaudage tordu demeure en place. Aux dernières nouvelles, la sécurisation du site ne sera pas achevée avant le début de 2020. Au mieux.

Le chantier s’est avéré, en fait, beaucoup plus complexe que prévu.

Comme dans un jeu de mikado, le moindre déplacement d’une poutre calcinée sur les croisées d’ogives ou d’une barre métallique peut entraîner des effondrements en série. Et il y en a des centaines de tonnes à retirer ainsi. Tout aussi ennuyeux : attaquées par le feu, l’eau des pompiers et la canicule, de nombreuses pierres menacent toujours de dégringoler. Les spécialistes sont donc contraints d’avancer avec d’infinies précautions.

Les récentes révélations sur la pollution au plomb (à Notre-Dame, dans les écoles et les rues voisines) n’ont rien arrangé. Les premiers mois, les équipes ont bossé sans trop se soucier de leur propre santé. Comme l’à découvert l’Inspection du travail, le nettoyage était insuffisant, les tenues de protection portées de façon aléatoire et les sas de décontamination utilisés avec parcimonie.

Plus question de plaisanter avec la sécurité !

Sur ordre de la Préfecture, les ouvriers devront désormais respecter de stricts protocoles. Au risque de ralentir encore un peu plus les travaux. Mais ce n’est pas tous les jours qu’un préfet se permet de torpiller une promesse du chef de l’État…


Article signé des initiales H. L. – Le Canard enchaîné – 07/08/2019