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C’est à n’y rien comprendre.

Au cours du deuxième trimestre, la France n’a obtenu qu’un minable taux de croissance de 0,2 %. Pourtant, depuis six mois, le gouvernement — gilets jaunes obligent ne cesse de prendre des mesures en faveur du pouvoir d’achat des ménages.

Hors baisses d’impôts, plus de 17 milliards ont été réinjectés dans l’économie française. Pour autant, la consommation n’a pas augmenté, ni la croissance française.

Bien au contraire, les Français ont choisi d’épargner plus.

Témoin ces deux chiffres : au cours des six premiers mois de l’année 2019, la collecte sur le Livret A, a progressé de 11,57 milliards et l’assurance-vie de 15,1 milliards.

Cette fuite des Français vers l’épargne est d’autant plus remarquable que, en raison de la baisse du taux bancaire décidée par la Banque centrale européenne, jamais l’argent placé n’a aussi peu rapporté. La Caisse d’épargne française verse ainsi un taux d’intérêt annuel fixé à 0,75 %, alors qu’en juin l’inflation a atteint 1,2 % : le calcul sur la rentabilité d’un tel placement est facile à faire.

Pendant des décennies, les meilleurs économistes ont expliqué que des taux bas incitaient les citoyens à consommer plus et les dissuadaient de laisser dormir leur épargne. C’était même l’un de leurs théorèmes favoris, avec cet autre : une telle politique voulue par les banques centrales a toujours pour effet de nourrir l’inflation.

Là encore, les faits viennent le réfuter. Jamais la hausse des prix n’a été aussi faible en Europe. Ce serait sans doute trop d’insolence de faire remarquer, en conclusion, que ces brillants résultats sont obtenus en continuant de creuser les déficits et l’endettement.


Article non signé. Le Canard enchaîné. 07/08/2019