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[…] Les crédits du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse vont augmenter de 51,68 milliards (loi de Finances initiale 2019) à 52,72 milliards (projet de loi de Finances 2020). C’est la plus forte hausse programmée après celle du budget des armées. Écrit comme cela on pourrait dire bravo, mais…

Sur le quinquennat, Bercy chiffre l’augmentation à « près de 4,5 milliards d’euros ». « Finalisation » des dédoublements

Mais, avec 1,1 million d’agents, les mesures automatiques liées à l’âge et à la carrière des fonctionnaires pèsent lourd dans le budget. Que restera-t-il après cela pour financer les réformes gouvernementales ? Dans l’entourage du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, on parle prudemment de plusieurs « hypothèses » sur la table, sans dévoiler la répartition budgétaire.

  • La priorité affichée à l’école primaire sera encore la mesure phare du projet de loi de Finances 2020. Après la « finalisation » des dédoublements de classes en éducation prioritaire , selon le ministère, d’autres mesures doivent être enclenchées. Les dédoublements ont concerné 180.000 élèves en 2018. Ils en toucheront 300.000 à la rentrée 2019.
  • Après s’être attaqués aux CP et CE1 des établissements les plus défavorisés classés en « REP + » (réseaux d’éducation prioritaire renforcés), les dédoublements restants à faire vont concerner les CE1 des établissements classés « REP » à la rentrée 2019.
  • Maternelles Une nouvelle mesure consistera à élargir cette politique aux grandes sections de maternelles, comme l’a annoncé Emmanuel Macron fin avril. Le chef de l’État a par ailleurs promis de limiter à 24 élèves par classe les grandes sections de maternelle, les CP et CE1 « partout en France » d’ici à la fin du quinquennat. […] Selon nos calculs, ces 24 élèves par classe nécessitent 10.000 postes, qu’il s’agisse de redéploiements ou de créations nettes. […]
  • Parmi les mesures à financer, il faut ajouter l’interdiction de fermer les écoles rurales sans l’accord du maire, la montée en puissance des primes pour l’éducation prioritaire ou encore la pré-professionalisation des enseignants dès la licence.
  • Et surtout « la montée en charge du service national universel », projet phare du quinquennat. Avec 2.000 bénévoles, l’addition était cette année de 4 millions d’euros. Elle doit grimper à 80 millions avec les 40.000 appelés prévus pour 2020. La facture pourrait s’alourdir si l’exécutif donne son feu vert, comme certains l’espèrent, pour atteindre la moitié d’une classe d’âge, soit 400.000 jeunes, d’ici à la fin du quinquennat. A raison d’un coût estimé à 2.000 euros par jeune, il faudrait alors trouver 800 millions d’euros. On voit bien que, même avec un budget à 54,32 milliards d’euros pour 2022, l’équation risque d’être serrée pour le ministère de l’Éducation nationale.
  • Et c’est sans compter la revalorisation des enseignants promise par le chef de l’État…
  • Quant aux facultés…
  • Dans son document budgétaire, Bercy ajoute une contrainte de taille en affirmant que « les effectifs seront stabilisés sur 2020-2022 ». […]

Marie-Christine Corbier. Les Echos. Titre original : « Education : l’équation financière compliquée de Blanquer pour honorer les promesses de Macron ». Source (extrait)