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Les députés se prononceront mardi 23 juillet sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA). Négocié depuis 2009 dans la plus grande discrétion, le CETA mobilise enfin l’attention, à la veille de son adoption au creux de l’été.

Au micro de France culture le 17 juillet, la commisaire européenne au commerce Cécilia Malmström arguait, pour rassurer les écologistes, que « le ciel ne nous est pas tombé dessus » depuis l’entrée en vigueur provisoire de l’accord en septembre 2017.

Selon elle, « l’annexe environnementale » du traité pourrait même engendrer un « verdissement » des échanges bilatéraux. Les défenseurs de l’accord se gardent de rappeler que le 4 juillet, devant l’Organisation mondiale du commerce, le Canada a contesté le principe de précaution et la politique européenne de tolérance zéro à l’endroit des résidus de pesticides présents dans les produits importés et catalogués comme perturbateurs endocriniens.

Les syndicats français craignent que le modèle familial de nombreux agriculteurs ne puissent rivaliser avec les énormes feedlots (parcs d’engraissement) canadiens, dans un contexte de flambée des prix du foncier agricole.

Au-delà, c’est la question de l’incompatibilité radicale entre écologie et libre-échange qui se pose.


Serge Halimi . Le Monde Diplomatique. Titre original : « libre-échange écologie ! ». Source (extrait)