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… le jeu trouble du président Macron !

 « Des missiles américains extrêmement puissants ont été vendus à la France avant de finir entre les mains de soldats rebelles fidèles au maréchal Khalifa Haftar, qui cherche à renverser le gouvernement [libyen] soutenu par les Nations unies. »

 Dévoilée par le New York Times le 9 juillet, cette information a rapidement été reprise dans la presse internationale. Quatre missiles Javelin antichars, achetés par la France aux États-Unis en 2010, ont été retrouvés dans un camp « rebelle » au sud de Tripoli.

Comment ces armes ont-elles pu passer des mains de l’armée française à celles des partisans du maréchal Haftar, qui depuis plusieurs mois s’est lancé dans une offensive militaire contre le gouvernement de Fayez Al-Sarraj, reconnu par les Nations unies ?

La presse transalpine, très sensible aux questions libyennes, au vu des intérêts économiques et géopolitiques qu’a l’Italie dans ce pays, n’a pas tardé à s’emparer de la question.

Ainsi, aussi bien les journaux de gauche que ceux de droite considèrent cette affaire comme un énième indice du “double jeu” de Paris en Libye. Selon le journal en ligne de gauche Il Post, « cette histoire pourrait avoir des implications et des conséquences très fortes, surtout parce qu’elle suggère un rôle de la France dans la guerre civile en cours en Libye beaucoup plus important que celui que le gouvernement est disposé à reconnaître publiquement ».

De son côté, le ministère français des Armées s’est « justifié », en affirmant que : « Ces armes étaient destinées à l’autoprotection d’un détachement français déployé à des fins de renseignements en matière de contre-terrorisme. » […]

Le gouvernement italien doit demander des explications

L’analyse est […] impitoyable du côté du quotidien de droite Il Giornale, pour qui la découverte de ces missiles « n’est que la pièce manquante du puzzle qui montre au monde que la France soutient Haftar. Ce n’est pas le seul État, mais tandis que certaines puissances du Moyen-Orient avancent leurs pions, Macron et son gouvernement devraient respecter le plan des Nations unies pour la pacification du pays. Paris a menti depuis des années et il aurait suffi de scruter la mort des troupes spéciales françaises il y a trois ans, pour comprendre qu’il ne pouvait pas ne pas y avoir la patte des Français derrière cette guerre. »

L’heure est grave également pour Il Foglio, qui demande, via un éditorial, à ce que « Macron s’explique ». […] Le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini semble avoir reçu le message, puisqu’il a affirmé que : « Si cette affaire est vraie, il s’agirait de quelque chose de très grave et nous exigerons des explications. »


Vu d’Italie par le journaliste Beniamino Morante. Courrier international. Source (extrait)