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Parce qu’il impose des choix éducatifs qui se révèlent des choix éducatifs contestable pour l’avenir de nos enfants, parce que dans le même temps au niveau de la profession d’éducateur il achève de détruire l’éducation publique continuant en cela tant d’années de choix éducatifs discutables, pour qu’il « tombe » dans le giron d’établissements privés. Ce ne sera plus l’école universelle mais l’école sélective et surtout, fonction des souhaits des entreprises et du patronat. MC

Lundi 8 juillet, les dernières copies du bac devaient être rendues et les notes définitives communiquées aux élèves concernés. Mais, au premier jour des oraux de rattrapage, la gestion de la crise par le ministre de l’éducation nationale fait débat.

Face à la rétention des notes par une minorité de professeurs, Jean-Michel Blanquer a invité les jurys à remplacer la note manquante par la moyenne annuelle dans la discipline. Et pour les candidats libres, par la moyenne des résultats obtenus, par ailleurs, à l’examen.

Grande confusion au sein des jurys Le 4 juillet, les jurys se sont réunis pour harmoniser les notes du bac 2019. En l’absence de tous les résultats, certains ont refusé de statuer et ont été remplacés en urgence. Une décision dénoncée par plusieurs syndicats, comme le SNES qui soutient la grève des enseignants.

« Les membres de ces jurys doivent être nommés par le recteur, ce n’était évidemment plus le cas », critique ainsi la secrétaire générale, Frédérique Rolet.

D’autres, comme Stéphane Crochet du SE-UNSA, ne donnent pas tort au ministre, qui « n’avait pas d’autres choix » et rappellent que cette procédure existait déjà en cas de perte de copies. Mais ils pointent également la tension et l’affolement générés par la communication de Jean-Michel Blanquer, « très mal vécue » par les professeurs… y compris non grévistes : « Il aurait pu s’abstenir de menacer de sanctions, ou encore d’assurer que ’de toute façon, on sortirait des notes’ », poursuit le syndicaliste.

Tous soulignent aussi la diversité des consignes données sur le terrain.

Des dysfonctionnements dont les enseignants seraient d’ailleurs en train de dresser une liste, par établissement et sur l’ensemble du territoire.

  • À Toulouse, par exemple, […] Frédérique Rolet qui accuse : « Jean-Michel Blanquer a invité les fonctionnaires à commettre des actes illégaux, frappés d’insécurité juridique ». Rupture d’égalité et recours possibles
  • Pour certains syndicats ou fédérations de parents d’élèves comme pour l’opposition de gauche, la décision de Jean-Michel Blanquer a, de fait, provoqué une rupture d’égalité devant l’examen.
  • Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, affirme que dans certains établissements, la moitié des effectifs sont confrontés à une situation « délirante », telle que celle-ci : un élève, dont la copie a été retenue, a obtenu le bac sur sa moyenne annuelle ; en revanche, son camarade avec une meilleure moyenne mais dont la copie a été normalement corrigée a, pu échouer à l’examen. La fédération [FCPE] annonce déjà qu’elle accompagnera les parents ou élèves majeurs qui s’estiment lésés et veulent faire valoir leurs droits devant le tribunal administratif. Et invite les enseignants à faire de même. […]
  • D’une manière plus générale, qu’ils soient ou non favorables à la réforme, de nombreux syndicalistes et parents d’élèves dénoncent la difficulté à se faire entendre du ministère depuis deux ans. […]
  • Pour sa part, René Chiche, représentant au Conseil supérieur de l’éducation nationale, regrette qu’une infime minorité d’amendements à la réforme aient été retenus – et encore sur des questions marginales. Lui aussi attend des « signes tangibles et perceptibles » de dialogue, après ces consignes « catastrophiques ». […]

Béatrice Bouniol. La Croix. Titre original : « Le baccalauréat s’achève, la contestation s’amplifie ». Source (extrait)