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Comment croire que, dans notre pays, des actes chirurgicaux et des traitements hormonaux irréversibles soient pratiqués sur des enfants, en l’absence de toute nécessité médicale et sans leur consentement ? C’est pourtant ainsi que sont traitées les personnes intersexuées.

Celles-ci naissent avec des variations de leurs caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux caractéristiques typiques des hommes et des femmes. Ces variations sont naturelles et le développement de ces enfants demeure satisfaisant et sain.

Pourtant, notre société accepte que des actes invasifs et définitifs soient réalisés sur leur corps, souvent dans la petite enfance, ainsi que des traitements hormonaux tout au long de leur existence. Le but de ces traitements est simple : assigner ces corps à des idéaux types d’hommes et de femmes, dans une sorte de fiction médicale qui voudrait que la conformité anatomique soit nécessaire à l’éducation dans une catégorie ou dans l’autre. […]

Mutilations

Ces actes peuvent être considérés comme des mutilations ainsi que l’a par exemple reconnu la Commission nationale consultative des droits de l’homme. En raison de leur jeune âge, ils n’y consentent pas et subissent donc des ablations et modifications de leurs organes sexuels, de leurs gonades et l’arrêt de toute faculté reproductive, des traitements hormonaux qui accélèrent et figent leur croissance, etc.

Leur corps amoncelle les cicatrices, et toute fonction basique telle que boire, uriner ou développer une sexualité devient impossible ou entraîne une souffrance intolérable. Les conséquences délétères de ces interventions dépassent très largement celles de leur absence de réalisation, d’un point de vue médical, psychoaffectif ou social. Pour ces raisons, différentes organisations internationales de référence ont précisé que ces interventions revêtaient un caractère illégal.

Telle est la position de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la torture, du Conseil de l’Europe ou encore, en France, du Conseil d’État qui, dans son Étude préparatoire sur les lois bioéthiques écrit que « la finalité thérapeutique des traitements en cause ne peut être reconnue indépendamment de l’expression de la volonté de l’intéressé ». […]


Collectif. Le Monde. Titre original : « Ces actes ne guérissent pas et peuvent être considérés comme des mutilations ». Source (Extrait)