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Ils ont poussé leur cri, fait connaître leur révolte, rédigé des rapports qui furent autant de brûlots, pétitionné à qui mieux mieux.

Ils ont fustigé leur école, sa « violence symbolique », sa « ritualisation de l’angoisse ». Fichtre. Ils étaient opposés à la notation et ont même fait annuler leur classement de sortie. Tout ça pour ça.

Aujourd’hui, les énarques mutins de la promotion Senghor (2002-2004) sont de gentils petits, raconte « Challenges » (27/6) dans une amusante enquête.

L’un des leurs, Emmanuel Macron, est à l’Élysée.

Il y a fait venir ses potes Aurélien Lechevallier, conseiller diplomatique, Jérôme Rivoisy, à la Direction générale des services, Franck Paris, conseiller Afrique, Stanislas Cazelles, conseiller outre-mer, Marie Fontanel, au pôle santé. Tous ces grands révoltés semblent ne pas trop mal s’habituer aux ors du palais présidentiel. Sibyle Veil est PDG de Radio France, Amélie Verdier est directrice du budget. Dans le privé, les Senghor tentent de se remettre comme ils peuvent du stress post-traumatique ressenti à la sortie de leur école.

Sébastien Proto est directeur de la stratégie et membre du comité exécutif de la Société générale. Marguerite Bérard-Andrieu, major de la promo, dirige les réseaux BNP Paribas. Boris Vallaud, Romain Grau, Olivier Becht et. Julien Aubert sont députés. Gaspard Gantzer, dernier directeur communication de Hollande, est candidat à la Mairie de Paris. Le fait de n’avoir aucune chance ne le refroidit nullement. N’a-t-il pas dirigé le service de presse de la Mairie de Paris à l’époque de Delanoë ?


Article signé des initiales A.-S. M. Le Canard enchaîné. 03/07/2019