Laurent Berger a fait le buzz dans les médias …

… avec sa grosse colère contre le projet de réforme de l’assurance-chômage présenté le 18 juin par Édouard Philippe et Muriel Pénicaud.

En privé, le secrétaire général de la CFDT est encore plus virulent ! Il a le sentiment, explique-t-il, d’être tombé dans le traquenard tendu par le gouvernement. Celui-ci avait assuré qu’il se mettrait aux manettes de l’assurance-chômage seulement si les syndicats et les patrons n’arrivaient pas à tomber d’accord.

Or, dans le même temps, Édouard Philippe avait imposé aux négociateurs une « lettre de cadrage » empêchant de facto tout consensus.

A l’arrivée, la note n’est pas vraiment ruineuse pour les employeurs, alors que les chômeurs vont en baver. « On a l’impression que ce gouvernement récuse toute négociation », s’étrangle Berger.

A ses yeux, d’ailleurs, Macron avait une bonne occasion de mettre en application son discours prononcé le 11 juin devant l’Organisation internationale du travail, au cours duquel il avait reconnu avoir commis « une erreur fondamentale [en] considérant qu’il y avait des sachants et des subissants ».

Hold-up sur ordonnance

Il y a aussi des « braquants ». L’assurance-chômage est pillée par l’État comme jamais. Chaque année, il lui faut verser 3 milliards pour le fonctionnement de Pôle emploi (soit 55 % du budget total de ce service public). A cette obole vont s’ajouter les 3,4 milliards d’économies annoncées par Édouard Philippe. Les 240.000 chômeurs qui, selon Berger, vont perdre leur indemnisation peuvent être fiers…

Plus fort encore : l’économiste Hadrien Clouet rappelle que, l’an dernier, la hausse de la CSG destinée à compenser la suppression des cotisations à l’assurance-chômage est intervenue dès le 1er janvier, alors que lesdites cotisations n’ont été supprimées qu’en … octobre 2018. L’État (et non l’Unédic) s’est embourbé les neuf mois de trop-perçu, soit 6 milliards.

Ce pillage des fonds sociaux par Bercy va se prolonger. Un ancien dirigeant de la branche maladie de la Sécurité sociale rappelle au « Canard » que, pour la première fois, l’État ne compensera plus les dépenses mises sur le dos de la Sécu. L’exonération des cotisations sur les heures supplémentaires, par exemple, va coûter plus de 3 milliards à cette dernière. Mieux, la loi de programmation de la Sécurité sociale, votée fin 2017, prévoit que, de 2018 à 2022, l’organisme versera une contribution totale de 20 milliards à l’État.

Initialement, il s’agissait de reverser à Bercy les excédents que la bonne gestion macronienne ferait tomber dans les caisses. Selon les dernières projections, ces excédents attendus devraient se transformer en déficit. Mais la ponction, elle, va perdurer. Interdiction absolue de le répéter aux personnels des hôpitaux, et en particulier à ceux des urgences !


Alain Guédé. Le Canard enchaîné. 26/06/2019


3 réflexions sur “Laurent Berger a fait le buzz dans les médias …

  1. jjbey 30/06/2019 / 09:16

    Les pilleurs sont au pouvoir et les promesses de celui-ci ne font que retarder la déconvenue de ceux qui y croient. A moins que cette colère feinte ne soit qu’un moyen pour se dédouaner de l’attitude d’un syndicat qui ne fait qu’accompagner les mesures qui péjorent gravement les salariés et les retraités au profit du grand capital qui se frotte les mains. Monsieur Berger aura peut-être un jour droit comme ses prédécesseurs à un poste important …………..en terme de rémunération.

    • etoile31 30/06/2019 / 21:56

      C’est exactement cela, toute délégation et représentation conduit à confier ce rôle de courroie de transmission du pouvoir à chaque et à tous les corps intermédiaires,
      Tout mettre en oeuvre pour que rien ne change….

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