Cette fois les Levalloisien peuvent dire adieu à leur pitre.

Le maire de Levallois ne doute décidément de rien. Et surtout pas de lui-même. Le 24 juin, lors d’une réunion de sa majorité municipale, Patrick Balkany a trompeté (en présence de sa femme) qu’il se présenterait, quoi qu’il advienne, aux municipales.

 En clair : même si les juges ordonnent, cet automne, son incarcération immédiate, Balkany en un lac la tienne la mienne tend être candidat et faire campagne depuis sa cellule.

Le parquet a bien réclamé une peine complémentaire de 10 ans d’inéligibilité à son encontre, mais celle-ci ne peut faire l’objet d’aucune exécution provisoire. Si d’aventure il était réélu en mars 2020, Balkany, même détenu, pourrait ainsi conserver son mandat jusqu’à l’épuisement des recours, soit durant deux à trois ans.

Mais l’édile ne semble pas croire une seconde que le tribunal osera envoyer en taule un innocent aussi innocent que lui. Il a resservi à ses adjoints le même refrain qu’il avait débité tout au long de son procès. Il a « la corruption en horreur », il n’était qu’un simple « locataire » de son palais de Marrakech et les millions qu’il a flambés proviennent uniquement d’« un héritage » planqué à l’étranger par son père.

Le saint homme ne concède qu’un seul péché véniel : avoir eu le tort de ne pas rapatrier son magot plus tôt en France. Poussant toujours plus loin le bouchon, Balkany a même assuré sur BFM (23/6) que, à cette époque, « tous les Français… enfin, tous les Français qui avaient de l’argent… avaient un compte numéroté en Suisse ». Encore un effort et il va finir par réclamer le prix Nobel de la paix (fiscale)…

Au cours de cette interview, l’ancien acteur de cinéma a eu également cette phrase merveilleuse à propos de son « ami » Sarkozy : « Quand nous nous voyons, je ne vais pas l’emmerder, ni avec mon procès, ni avec le sien (…), nous parlons de l’avenir de la France ! » Beau comme l’Antique…

Le martyr n’a d’ailleurs pas attendu pour lancer sa campagne. Pas démonté par l’accueil un peu froid que lui avaient réservé les militants LR au lendemain du procès (« Le Canard », 19/6), le Rapetou a joué les vedettes dans les rues de Levallois durant tout le week-end.

D’abord à la Fête de la musique. Des jeunes se sont presque battus pour faire un sel-fie à ses côtés. Sans que l’on sache très bien si c’était par admiration ou par goût du gag…

Le lendemain et le surlendemain, le maire a assuré le spectacle pour la fiesta annuelle de la ville. On l’a vu défiler dans une antique 2 CV, se déhancher sur scène, prendre des poses de rockeur et se recouvrir le corps de serpentins. Sous l’œil attendri de ses électeurs, dont certains ont décliné devant les caméras de « Quotidien » (TF1, 24/6) les vraies raisons de leur amour sans bornes pour le maire de la ville la plus endettée de France : l’octroi d’un logement pas cher ou d’un boulot pénard, la distribution de colis à Noël ou l’organisation d’une croisière en Bateau-Mouche… Gratuite, comme il se doit.


Article signé des initiales H. L. Le Canard enchaîné. 26/06/2019


Une réflexion sur “Cette fois les Levalloisien peuvent dire adieu à leur pitre.

  1. jjbey 29/06/2019 / 16:48

    C’est beau l’innocence, de quoi donner des vocations à ceux qui hésitent à tremper le pain dans la soupe.
    C’est vrai que les procès sont rares que fait la justice? Vous avez dit Fillon, Sarkozy, Lepen…
    Y’en a d’autres, oui, les fraudeurs fiscaux qui font perdre entre 80 et 100 milliards d’euros au budget national n’ont pas l’air d’être inquiétés plus que cela.
    Alors …Si, on recherche avec beaucoup d’âpreté la fraude des chômeurs, des malades et on a raison de la faire, mais mettons la même ardeur et les mêmes moyens au service du fisc et le rapport sera bien supérieur.

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