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Un amendement, […] relance le débat sur la privatisation des routes nationales.

Dans le cadre de l’examen de la loi mobilités à l’Assemblée nationale, un amendement a été adopté visant, je cite, à  « faire porter, par une délégation de service public, la création ou l’aménagement d’infrastructures à gabarit routier afin de faciliter, sécuriser ou fluidifier l’accès à une autoroute ou aux itinéraires qui la prolongent ». 

Comprendre : donner aux sociétés d’autoroute la prise en charge des routes nationales, adossées au réseau autoroutier existant. Mais cet amendement est bien moins anecdotique qu’il n’y paraît car il signe en réalité les prémisses d’une privatisation en bonne et due forme du réseau de routes nationales.

Pour ses partisans, cette évolution vise donc à améliorer l’entretien des routes nationales, parfois en très mauvais état. L’État commence par se désengager d’une de ses missions, pour ensuite la supprimer ou la brader à des intérêts privés.

[…] … avec une part non négligeable du réseau routier abandonné pour des raisons de rigueur budgétaire, les sociétés privées ont eu beau jeu de se présenter comme les sauveurs providentiels de nos routes nationales… Ce qu’ils se sont donc empressés de faire. […]

Les sociétés d’autoroute mettent également en avant un argument budgétaire et financier. Dans leur immense mansuétude, les sociétés d’autoroute n’ont pas manqué de signaler qu’une telle prise de contrôle des tronçons restants serait une excellente affaire pour le contribuable français. 

Une note interne de l’Association des sociétés françaises d’autoroute ou ASFA explique ainsi que « le transfert de tout ou partie du réseau national est de nature à provoquer un choc budgétaire, soulageant le budget de l’État et pérennisant les capacités d’entretiens du réseau ». 

[…] Le président de l’ASFA a même déclaré, chevaleresque, qu’à « chaque fois que l’État déciderait d’aménager son réseau de routes nationales, les sociétés d’autoroutes seraient là ».  Nous voilà rassurés. 

Cette opération ne se ferait pourtant pas sans contrepartie. […] … il ne s’agirait pas d’une privatisation stricto sensu, puisque les sociétés d’autoroute prendraient à leur charge l’entretien des tronçons de routes nationales et obtiendraient, en échange, une hausse des tarifs des péages routiers. Ce qui reviendrait donc à faire payer l’entretien des routes nationales par les usagers des autoroutes. 

Difficile en effet d’imaginer une nouvelle prolongation de la durée des concessions, alors qu’elles ont déjà été renouvelées en 2015 et que la Cour des comptes a exprimé son opposition à une telle action. […]


France Culture. Dans le cadre de l’émission Les Nouvelles de l’éco par Arjuna Andrade Source (Extrait)


Ce texte daté du 18 juin 2019 ne semble pas relater la réalité puisqu’un certain nombre de nationales ont d’ores et déjà été « déléguées aux bons soins financiers » des départements.

Sauf si la traduction de cet article est incomplète ou erronée, en prenant l’exemple sur le département de l’Ardèche il ne reste plus qu’une route nationale, toutes les autres ont été basculées en départementales et son entretenues de façon régulières et constantes.

Nous ne savons pas si dans la dotation nationale pour le département est prévu une partie réservée à l’entretien des routes nationales comme départementales, dans ce cas elles pourraient être « comprise » dans une privatisation.

Quoi qu’il en soit, soyons prudents, nous ne voyons pas comment nous pourrions nous acquitter « d’une forme » de péage pour aller faire nos courses à la ville voisine. MC