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Ce n’est ni la France des petites retraites, ni celle des parachutes dorés !!!


Pour Olivier Auguste. L’Opinion. Titre original : « Chômage, maladie, retraite… La protection sociale dégressive ». Source (extrait)

C’est la France qui a subi le rabotage du quotient familial et des allocations familiales, perdu en CSG, sur ses économies […], compris que la baisse d’impôt sur le revenu n’était pas pour elle […].

La voici seule ciblée par la dégressivité des allocations chômage. […]

[…] Nouvelle étape d’une lente glissade vers une protection sociale où chacun devra se créer ses propres « réserves » pour pallier à la maladie, à la retraite, en travaillant et cotisant et/ou avec un système de minima sociaux financés par l’impôt (CMU et RSA hier, chômage aujourd’hui, peut-être retraite demain).

  • Le gouvernement objectera qu’il y a des tricheurs. Mais faut-il bâtir tout le dispositif en fonction d’eux plutôt que de les sanctionner ?
  • Il plaidera que les salariés concernés ne sont pas malheureux. Mais resteront-ils toujours résignés ?
  • Le danger n’est pas l’exil (ils n’ont pas assez à sauver) mais la mise en retrait : désengagement professionnel, travail au noir, recours légal ou pas à l’assurance privée. La solidarité nationale, qu’ils financent, en serait la première victime.
  • Risque théorique ? Il y a cinq ans déjà, la CFE-CGC, syndicat des cadres cofondateur de l’Unédic, envisageait d’en sortir et de créer une assurance-chômage privée pour les hauts revenus. […]

Pour Cécile Rousseau. L’Humanité. Titre original : « Chômage. Des économies astronomiques au détriment des privés d’emploi ». Source (extrait)


 […] le premier ministre et la ministre du Travail ont dévoilé, quelques mois après l’échec de la négociation interprofessionnelle, leur réforme drastique de l’assurance-chômage. En sabrant les droits des privés d’emploi et en saupoudrant quelques mesures d’accompagnement, le gouvernement espère réaliser une économie astronomique de 3,4 milliards d’euros d’ici à la fin 2021.

Sous couvert de remettre les chômeurs au travail, l’exécutif table également sur une baisse de 150 000 à 250 000 du nombre de demandeurs d’emploi. […]

1 Un vaste recul du nombre d’indemnisés

« Il faudra désormais travailler davantage pour ouvrir des droits », affirme Muriel Pénicaud. Sous le prétexte que l’emploi repart timidement, le gouvernement propose d’opérer une régression sur les droits en revenant avant la convention d’assurance-chômage de 2009. Dès le 1er novembre, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois, contre quatre mois sur 28 aujourd’hui, pour accéder à l’assurance-chômage.

Les conditions de « rechargement » des droits seront également durcies : il faudra avoir travaillé six mois au lieu d’un pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée. […]

2 Un bouleversement des règles de calcul des allocations

[…] le calcul des indemnités […] ne seront plus basées sur le salaire journalier de référence (SJR), donc les jours travaillés, mais sur le salaire mensuel moyen. « Le capital ne diminue pas, il sera réparti différemment », précise la ministre du Travail. […]  La mesure permettra de réaliser 590 millions d’euros d’économies sur trois ans et réduira les droits des plus précaires. Mais cette incitation à reprendre au plus vite un emploi pour les chômeurs se heurte à la réalité. Sur 6,3 millions d’inscrits à Pôle emploi, seules 687 833 offres étaient disponibles sur le site Internet hier […].

3 Un coup porté à l’indemnisation des cadres

Après la levée de boucliers de la CGT et de la CFE-CGC contre le ciblage de l’indemnisation des cadres, le gouvernement a choisi d’enfoncer le clou en instaurant une dégressivité simple avec un seul palier à 6 mois pour les chômeurs qui touchaient plus de 4 500 euros brut par mois. Les privés d’emploi verront leur indemnité amputée de 30 % au septième mois, sauf pour les plus de 57 ans. Soit un gain de 210 millions d’euros pour l’Unédic d’ici à la fin de 2021. Une manière de montrer que les privés d’emploi mieux indemnisés sont aussi concernés par les économies. […] … le 1er ministre omet de préciser que ceux-ci contribuent plus au régime de l’assurance-chômage qu’ils n’en bénéficient. Sans compter que l’utilisation de la dégressivité n’a jamais prouvé son efficacité dans le retour à l’emploi lors de sa mise en place en 2001.

4 La « mesurette » du bonus-malus

[…] … le gouvernement a choisi de cibler sept secteurs dès le 1er janvier 2020, dont l’hôtellerie-restauration, l’agroalimentaire. Mais le BTP et la santé, grands pourvoyeurs de CDD, ne sont pas concernés par le bonus-malus. Les cotisations varieront entre 3 et 5 % de la masse salariale en fonction de la pratique de l’entreprise. Celles qui respectent la loi se verront ainsi récompensées avec une minoration de leur cotisation patronale (4,05 %) ; quant aux mauvais élèves, ils seront pénalisés par un renchérissement. […]