Étiquettes

,

Recueil d’anecdotes au demeurant pas spécialement drôles et même parfois inquiétantes, sur les pensées indélicates de certains de nos dirigeants et leaders politiques.

Marine se méfie de Marion

« Au moins un tweet ou une simple vidéo de soutien pour appeler, vote utile »… Avant le 26 [mai 2019] Marine Le Pen ne réclamait pas grand-chose de sa nièce. Mais, même ce minimum, elle ne l’a pas obtenu. Marion Maréchal a bien fait campagne, mais en Italie (!), pour Salvini et son compagnon de la Lega, Vincenzo Sofo.

Alors, quand Marion fait son retour cathodique en France (dimanche [02/06/2019] sûr LCI); le courant ne passe pas bien. Surtout quand elle privilégie le « conservatisme » et l’« union des droites », contre la stratégie de sa tante, qui prône la bagarre entre les « patriotes » et les « mondialistes ».

Louis Aliot dégaine aussitôt : Il déclare sèchement que Marion est « libre » et que le mouvement n’attend rien d’elle. Lundi [03/06/2019], devant ses proches, Marine débriefe : « Marion est partie et, maintenant, elle redescend de sa montagne sans se rendre compte qu’entre-temps le monde a changé. Sa grille de lecture n’est pas bonne. Pourquoi vouloir l’union des droites alors que ce clivage n’existe plus, que la droite n’existe plus ? On n’a pas besoin d’un nouveau François-Xavier Bellamy… »

Wauquiez sur de nobles traces

Après avoir annoncé sa démission de la présidence de LR, dimanche Soir, Laurent Wauquiez s’est remonté le moral en compagnie de quelques Proches.

« Je vais me comporter, leur a-t-il confié, comme Sarkozy en 99 (lequel avait démissionné de la présidence de l’UMP à la suite de son score de 12,82 % aux européennes). Un tour de France, sans trop apparaître pendant deux ans. Je vais également écrire un bouquin et je reviendrai juste avant la présidentielle de 2022. » Il est vrai qu’on peut prendre une gamelle aux européennes et, comme Sarko, devenir président de la République. Ça promet !

Morano défouraille

De Nadine Morano, réélue députée LR européenne, après la démission de Wauquiez : « Simple remarque, a-t-elle déclaré, le 3 [06/2019] devant des journalistes, ceux qui ont demandé la démission de .Wauquiez sont les mêmes que ceux qui voulaient que Fillon ne démissionne pas en 2017 »

Après, Morano s’est écriée : « Quand j’entends parler de Retailleau comme président de LR, je me dis que ce n’est peut-être pas utile d’avoir un évêque à la tête du parti après avoir eu un curé comme tête de liste ! »

Avant de conclure ironiquement : « Avoir aujourd’hui Léonetti, le spécialiste de la fin de vie, comme président par intérim, c’est quand même pas mal. » Qu’est-ce qu’on se marre à LR !

A star is born

Malgré sa lourde veste aux européennes , Jean-Christophe Lagarde , le patron de l’UDI, petit parti du centre droit bien pourvu en élus municipaux, est fortement courtisé : « C’est bizarre, s’amuse-t-il, ma liste n’a obtenu que 2,5 des voix, mais tout le monde veut me parler. Larcher et Pécresse me pressent de les rejoindre au sein d’une nouvelle UMP. Et, chez Macron, on me propose de rejoindre une sorte de confédération. »… Quand on est indispensable…

Autain à l’offensive

Depuis le soir du 26 mai et l’échec cuisant de Manon Aubry aux européennes, Clémentine Autain multiplie, comme on le sait, les sorties médiatiques — et ose remettre en question la stratégie de Jean-Luc Mélenchon.

Si La France insoumise n’a recueilli que 6,31 % des voix aux européennes, explique-t-elle, c’est à cause de sa ligne populiste et de sa culture du « clash permanent, qui a clivé une partie de [son] électorat. ». Le tout débouchant sur un appel à. un « big bang » de la gauche radicale (« Le Monde », 5/6):

Autain, qui revendique le soutien d’au moins six députés LFI qui «n‘osent ‘osent pas se prononcer publiquement », considère avoir été exclue de la campagne européenne : « Ruffin a fait deux meetings avec Mélenchon, moi, zéro. Ils m’ont virée des meetings partout. »

Quitter le groupe ? « Mon intention n’est pas de me barrer mais de discuter de l’orientation, c’est tout. Moi, je ne peux pas vous dire la fin du film, j’en suis incapable. »

Réponse lundi matin [03/06/2019] d’une proche de Mélenchon (qui veut, elle aussi, garder l’anonymat) : « Autain a lancé sa charge il, y a une semaine, et rien ne s’est passé. Elle est seule. Son opération de déstabilisation n’a pas pris, pas d’attaques en règle contre le chef. Et puis, il faut bien le dire, pendant que François Ruffin faisait un superbe film sur les gilets jaunes, pendant que tous les députés,Adrien Quatennens en tête, étaient dans tous les meetings, Autain faisait la promotion de son livre où elle raconte les déboires de sa mère. Grand .sujet de campagne, ça. » Qu’est-ce qu’ils ont contre la littérature, les mélenchonistes ?

Mélenchon et les « chiens »

« Nous ne sommes pas du tout dans la situation de Wauquiez, a commenté devant ses troupes Jean-Luc Mélenchon, en réponse à l’attaque de Clémentine Autain. Lui a été lâché même par ses plus proches. Moi, par personne. Je ne suis pas comme Wauquiez, mis sous la pression des chiens. »

Un de ses proches a ajouté « Il ne faut pas négliger un fait : notre mouvement progresse, nous avions un seul député européen, nous en avons désormais six.. On ne va pas se mettre une balle dans la tête parce qu’on a fait 6 %. 2022, ça reste l’objecte ; la prise du pouvoir, c’est l’objectif. » Alors, tout baigne chez les Insoumis, ce n’était pas la peine de se faire du souci..

La mise, en garde de Philippe

« Les municipales, ce ne sont pas les européennes. Il faut que l’on se montre beaucoup plus pondéré. » Edouard Philippe a joué les rabat-joie, la semaine dernière, devant des responsables et des élus de la majorité. Lesquels, selon lui, avaient un peu trop tendance, depuis le résultat des européennes, à considérer que les municipales seraient une promenade de santé pour les Marcheurs.

Et le Premier ministre de préciser les choses en direction des malentendants : « C’est l’engagement européen du Président qui a fait le score dans les villes, et pas l’enjeu municipal de l’année prochaine. Les gens ne se sont pas déplacés pour faire un avant tour des municipales. » Un avant tour de la présidentielle, peut-être alors ?

Premier ministre, premier rôle

Le chef de l’État ne prononcera donc pas un discoure devant le Congrès de Versailles début juillet, comme il l’avait fait en 2017 et en 2018. Il laissera seul en piste son Premier ministre, qui fera, le 12 juin [2019], une déclaration de politique générale, suivie d’un vote de confiance. « Nous retrouvons ainsi la bonne grammaire de la Ve République », a-t-il expliqué, le 29 mai, à ses ministres.

« J’ai fait, leur a-t-il dit, le discours de la méthode lors de, ma conférence de presse. A Édouard Philippe de prononcer un discours d’organisation sur la mise en œuvre et le calendrier. On en revient à la répartition des rôles. » Combien de temps ces bonnes résolutions vont-elles tenir ?

Reconnaître ses vrais amis

Aux yeux de Macron, ce scénario du vote de confiance a un autre avantage : « voir, après les élections européennes, qui est dans la majorité présidentielle et qui ne l’est pas ». Il s’agit surtout de clarifier les choses du côté des centristes de l’UDI et des ex-LR d’Agir, le micro parti de Franck Riester, dont certains députés n’avaient pas voté le budget 2019, à commencer par l’ancienne suppléante du Premier ministre ! Mais aussi d’y voir plus clair sur le côté gauche, alors qu’une autre structure est en voie de création sous l’égide de Le Drian et de Didier Guillaume.

Commentaire Présidentiel : « Ainsi, les camps seront définis pour la seconde partie du quinquennat. Un discours de politique générale, ça sert à compter les voix, c’est fait pour ça. ». « Les camps seront définis » … du moins jusqu’aux résultats des municipales.

Un poète à l’Élysée

Au cours du Conseil des ministres du 29 mai, Macron a annoncé qu’il ne renonçait pas polir autant à parler devant le Congrès. « Je ferai ce discours, a-t-dit, mais à l’hémistiche du mandat. » Bigre ! quèsaco ? se sont interrogées les éminences, qui ont ouvert des yeux ronds.

L’« hémistiche », comme chacun le sait, est un terme lié à la poésie qui désigne la moitié d’un vers marquée par une césure, ou cette césure elle-même.

Autrement (et moins poétiquement) dit, le barde de l’Élysée déclamera à Versailles au mois de novembre, qui marquera la mi-temps de son quinquennat. En vers et en alexandrins ?

Retour d’un serpent de mer

Macron a prié instamment Sébastien Lecornu, le ministre chargé des Collectivités territoriales, de préparer un projet de loi sur l’« engagement politique » qui prenne mieux en compte la situation des maires et des élus locaux. Un projet de loi que Philippe annoncera, le 12 juin, dans sa déclaration de politique générale.

En clair, un texte sur ce fameux statut de l’élu que réclament depuis des dizaines d’années les élus de tous bords, notamment les maires des petites communes. Et qui prévoirait, notamment, une revalorisation de leurs indemnités. A charge, bien sûr, pour Lecornu de faire voter ce texte (allez savoir pourquoi) avant les municipales.

« Spoil system » à la française

Après un retard à l’allumage, Macron est décidé à renouer avec l’idée qu’il avait développée pendant sa campagne : « changer des gens à la tête des administrations». Autrement dit, instaurer une sorte de spoil system à l’américaine.

« Il faut lever un certain nombre de freins qui peuvent venir des administrations, y compris à la tête des ministères », a-t-il affirmé à ses ministres, le 29 mai.

Le chef de l’Etat promet donc, pour le mois de juin [2019], « un mouvement assez important », notamment dans la haute administration, où « même des gens qui ont été changés il y a pas très longtemps ne donne pas satisfaction. »

Il veut également « ne pas puiser toujours dans le même vivier » mais « ouvrir davantage » et « être plus original dans le recrutement ». C’est aussi ce qu’il voulait quand il a recruté Benalla…

Macron prêt à battre Sarko

Le ministère de l’Économie vient de publier le détail de l’exécution budgétaire en 2018. On y découvre que l’Élysée a dépensé 108,28 millions d’euros l’an passé. Avec notamment un demi-million destiné à l’achat de nouveaux véhicules, 390.000 euros pour « mettre en conformité  » le resto élyséen et près de 350.000 euros consacrés à la rénovation du fort de Brégançon.

Ces dépenses ont été financées par la dotation inscrite dans la loi de finances (103 millions) et par le produit de la vente d’une partie de la cave élyséenne (1,63 million). Le solde a été imputé sur les réserves (5,65 millions).

En 2017, Macron avait déjà fait les fonds de caisse, en prélevant 2,5 millions pour boucler son budget. Lorsque Hollande avait quitté le Château, il avait laissé une cagnotte de 10 millions. Il y a fort à parier qu’elle sera mangée l’an prochain. Et que le prochain budget élyséen s’élèvera à 110 millions. Exactement le niveau atteint par Sarko en 2012…

Pas de mariage et un enterrement

« Au moins trente maires LR de villes de plus de 30.000 habitants ont déjà fait alliance avec la majorité présidentielle en vue des municipales, et 80 autres s’apprêtaient à le faire. » Tel est le premier décompte fait au cabinet de Gérard Larcher, peu avant la démission de Laurent Wauquiez. L’hémorragie a-t-elle été bloquée ? Rien n’est moins sûr, si l’on prête attention aux réactions des maires de Bordeaux, Toulouse ou Nice.

Selon le président du Sénat lui-même, Wauquiez s’est suicidé en déclarant que Les Républicains avaient trois ans pour redresser le parti.

« Cela voulait dire, a précisé Larcher, qu’il se donnait trois ans à bâtir sa candidature à la présidentielle. Or les maires, les conseillers départementaux et les sénateurs n’ont pas trois ans devant eux. Pour nous, il fallait que ça change en trois mois et que le parti s’ouvre au centre afin d’éviter une boucherie aux municipales. »

Évidemment, le père du régiment, l’inévitable Nicolas Sarkozy, a été beaucoup consulté ces derniers jours, mais il s’est contenté de dresser devant ses interlocuteurs un tableau apocalyptique de la situation. « Il n’y a plus que des décombres ! s’est-il écrié. Pas de leader, pas d’idées, peu de militants, plus beaucoup d’électeurs et bientôt très peu d’élus. Et je ne vois pas qui, à l’intérieur ou à l’extérieur (allusion à Xavier Bertrand ?), est capable de relever le défi. En fin de compte, Fillon a creusé la tombe de la droite et Wauquiez a cloué le cercueil. »

Pour éviter l’enterrement, Gérard Larcher et ses amis tentent d’embarquer dans l’opération résurrection Xavier Bertrand, le président «gaulliste social» du conseil régional des Hauts-de-France, mais, pour l’heure, ils doivent se contenter de promouvoir un tandem constitué par Valérie Pécresse et Éric Woerth. Lequel tandem serait soumis dans trois mois au vote des militants.

Un obstacle difficile à franchir, si l’on en croit le sénateur LR, Roger Karoutchi.

« Depuis 2017, explique-t-il, le nombre des adhérents à LR a été divisé par trois, et ceux qui restent (officiellement 80 000) sont les durs de durs : aujourd’hui, Valérie Pécresse serait largement battue par Éric Ciotti. »

Et sans doute même par Guillaume Peltier et Geoffroy Didier. Resterait un certain Sarko, mais il faudrait qu’il ose demander la permission à Carla.


Aucun de ces mini articles ne sont signés. Le Canard enchaîné. 05/06/2019