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Un rapport interne, remet en question le tribun.

C’est un texte de cinq pages qui secoue La France insoumise (LFI) et qui tombe au pire moment : […] va par ailleurs gâcher l’installation des eurodéputés au Parlement européen et la réunion intergroupe prévue avec les députés LFI.

Intitulée « Repenser le fonctionnement de La France insoumise », envoyée le 5 juin, cette note que s’est procurée Le Monde, est signée par quarante-deux cadres et militants « insoumis » – dont des figures du mouvement, comme Charlotte Girard, ex-responsable du programme ; Manon Le Bretton, qui dirige l’école de formation ; ou encore Hélène Franco, magistrate et coanimatrice du livret Justice de LFI – est un réquisitoire en règle contre la gouvernance du mouvement populiste de gauche.

Sans jamais nommer ni Jean-Luc Mélenchon, leader de fait de LFI, ni Manuel Bompard, son dirigeant statutaire, mais en les visant constamment, ce texte – qui se présente comme une « contribution interne et positive » – affirme qu’après « la séquence présidentielle de 2017, [LFI n’a pas su] maintenir la dynamique » ni « s’ancrer durablement dans la société » souligne « l’affaiblissement du réseau militant et le départ de plusieurs responsables », dus « en grande partie au mode de fonctionnement du mouvement depuis sa création ». […]


Note tout à fait personnelle : ayant un temps (il y a quelques années maintenant) participé aux entretiens/préambules qui devaient permettre la constitution d’un véritable front de gauche uni – en compagnie de divers représentants de partis et (où) différents courants politiques qui les animent – j’ai pu mesurer combien les attitudes des « partisans »de JL Mélenchon (le PG de l’époque) n’entendaient fédérer qu’autour des déclarations programmatiques du chef, doublées d’une volonté clairement affichée d’hégémonie sur les partis politiques ou mouvements de gauche ainsi reformé selon une posture dictatoriale. L’échec de la constitution du groupe de gauche (hors PS) avait été attribué au parti communiste et relayé à satiété par les médias trouvant la une bonne occasion de discréditer le parti « des salariés », alors que le PCF était à l’origine d’une proposition de regroupement des gauches plurielles allant Du NPA de O. Besancenot, P. Laurent, JL Mélenchon, jusqu’au PRG de Baylet (Le PS avaient décliné) et ouvrait largement les portes pour un programme commun. Ne poursuivrons la constitution d’un programme commun que le PG et le PCF plus quelques mouvements satellites, mais une condition fut introduite et acceptée par la direction du PCF (ce qui amena des adhérents à quitter le parti et voter pour d’autres formations) que Jean-Luc Mélenchon en soit « le » porte-parole, et qu’un savant nombre de point du programme ce ne soit pas abordé officiellement (nucléaire entre autres mais aussi les privatisation de certains services publics).

Dire que je suis content de ce qui se passe à LFI ne serait pas l’exact ressentiment, juste je déplore que le tribun -actuellement de plus en plus contestée autant dans la population qu’envers ses troupes – est encore une certaine audience publique et glane quelques voix qui auraient été utiles au representant de la « vraie » gauche – Ian Brossat – et son programme de qualité. Enfin l’attitude de Melenchon n’engage pas à des négociations fédérant et son mouvement et les divers représentants, au demeurant pas si éloignée qu’on veut bien le dire, ou l’écrire.

Rappelons-nous qu’en 1943-44 les discussions entre des courants de pensée parfois opposée, permirent des la fin de la guerre, la création du conseil national de la résistance (CNR) et la création des nombreux services publics permettant à la France de sortir des affres de cinq années de guerre alors que les finances de l’époque étaient au plus bas. Aujourd’hui la France peut s’enorgueillir d’une position financière haute certes, mais stable. Qui aura le courage de présenter un programme du même type que « les jours heureux » du CNR.


[…] Le texte s’inquiète ainsi de la perte « d’un nombre considérable de militants, mettant en péril la possibilité de présenter des listes aux municipales ». « Aucune véritable instance de décision collective ayant une base démocratique n’a été mise en place. […]

Les décisions stratégiques fondamentales sont finalement prises par un petit groupe de personnes, dont on ne connaît même pas précisément la démarcation – prérogatives, champ d’action, identité, statut sans qu’ils aient pour autant reçu de véritable délégation de la part du mouvement pour le faire », dénoncent les auteurs.

Ils ajoutent : « Les positions politiques publiques proviennent essentiellement du groupe parlementaire, qui a bien entendu toute légitimité pour prendre des positions, mais qui n’a pas reçu de mandat de la part du mouvement pour le faire en son nom. Ne pas reproduire les travers des partis traditionnels est évidemment une problématique cruciale ; mais si nous n’y prenons garde, notre mouvement finira par tomber dans les excès de ceux qu’on a appelés des “partis d’élus”. » […]


Abel Mestre. Le Monde. Titre original : « A LFI, une note dénonce « un fonctionnement dangereux pour l’avenir du mouvement ». Source (extrait)