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Chaque année, en France, quelque 200 tonnes d’époxiconazole sont répandues dans les champs de blé, d’orge, de seigle, d’avoine, et des cultures de betteraves, dans le but d’éliminer les champignons susceptibles d’affecter la qualité de la récolte.

Utilisée depuis 1993, cette molécule (présente dans 76 produits fongicides) est considérée comme un perturbateur endocrinien, un « cancérogène suspecté », « présumé toxique ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) vient donc de le décréter : les agriculteurs ont encore douze mois pour liquider leurs stocks. Ensuite, interdiction totale. Ils râlent, évidemment, et s’inquiètent des « pertes de rendement » à venir (« Les Échos », 29/5).

Ils n’ont pas fini de s’inquiéter…

Dans un rapport de décembre 2017, notamment signé par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), il est dit que, parmi les quelque 75 000 tonnes de pesticides divers et variés joyeusement déversées chaque année dans les campagnes françaises, il en existe plusieurs dizaines qui sont tout aussi susceptibles de mettre en danger la santé humaine et qu’il faudrait interdire d’urgence.

On entend d’ici le terrible cri des rendements le soir au fond des champs…

J.-L. P. – Le Canard enchaîné. 05/06/2019