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… On ne va pas en faire un fromage !

Les enfants manquent de calcium. Mais la solution est dans le fromage.

C’est, en substance, ce que nous apprend une récente enquête du Credoc, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie. « Entre 2010 et 2016, la part d’enfants de 3 à 5 ans qui ne couvrent pas leurs besoins en calcium est passée de 4 à 20 %. »

Et le Crédoc d’en rajouter une louche : « Les besoins calciques sont de moins en moins couverts.» chez les minots. En cause ? « La baisse de consommation de lait au petit déjeuner, mais aussi de yaourts et de fromages en fin de repas. »

Sauf que ladite étude est en fait un sondage réalisé auprès des parents de 784 enfants et financé par le groupe Bel, géant de la fromagerie industrielle avec des joyeusetés comme Babybel, Kiri ou La Vache qui rit. Voilà un gage d’objectivité.

Cela fait longtemps que le lobby fromager a fait du manque de calcium son mantra pour nous inciter à consommer plus de frometon. Sauf que la dernière étude réalisée par les autorités sanitaires sur le sujet dit l’inverse. « D’après les données mesurées (…), la consommation de produits laitiers est globalement restée stable chez les enfants de 6-17 ans » peut-on lire dans le rapport publié en 2017 par l’agence nationale Santé publique France.

Autre curiosité, dans l’étude commandée par Bel, la tranche d’âge passée à la moulinette, celle des moins de 6 ans est, la seule pour laquelle Santé publique France ne dispose pas de chiffres sur la consommation calcique. Le Crédoc pousse aussi le bouchon quand il affirme qu’un enfant qui n’atteint pas les « apports nutritionnels conseillés » (ANC) en calcium est automatiquement carencé.

« En fait, les ANC sont des valeurs repères, volontairement majorées pour englober l’ensemble de la population. A titre individuel, ne pas les atteindre ne signifiepas forcément que l’on est en déficit de calcium », s’agace un nutritionniste.

Ce que ne dit pas non plus le Crédoc, c’est que, du calcium, on n’en trouve pas seulement dans les produits laitiers. Une portion de chou frisé apporte l’équivalent de 2,3 verres de lait ; pour une demi-boîte de sardines, comptez deux verres ; et certaines eaux minérales sont trois fois plus chargées en calcium que le lait.

En prime, le calcium dans les produits lactiques est parfois plus difficile à assimiler que celui contenu dans beaucoup de légumes.

Article non signé trouvé dans le Canard enchaîné du 22/05/2019


Selon le très officiel [euh !] CREDOC,

ETUDE: Calcium: entre 6 et 10 ans, près d’un enfant sur deux est en dessous des recommandations – Signé de Gabriel Tavoularis.  Lien

La recommandation actuelle de consommation de produits laitiers (lait, yaourts,fromage et fromage blanc) est de trois ou quatre portions par jour chez les enfants. D’un point de vue nutritionnel, ces produits sont difficiles à remplacer par d’autres car ils apportent en quantité importante du calcium (essentiel à la construction du squelette et à son entretien, à la contraction musculaire, à la transmission nerveuse, à la coagulation du sang) et de la vitamine D qui assure la minéralisation des os en période de croissance.

Grâce à son système d’enquête sur les Comportements et consommations alimentaires en France (CCAF), le CRÉDOC a évalué, à la demande du groupe fromager Bel, la consommation individuelle de produits laitiers et les apports en calcium des enfants et des adolescents. Les résultats montrent que leurs besoins calciques sont de moins en moins bien couverts depuis plusieurs années.


Lire aussi Lien https://www.produits-laitiers.com/article/petite-histoire-du-lait-a-lecole