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Le 21 mai 2019, le gouverneur de l’État de Washington (nord-ouest des États-Unis) a promulgué une loi autorisant la transformation du corps d’un défunt en compost.

Cette initiative, inédite aux États-Unis, est une bonne alternative écologique aux autres formes de funérailles, selon Slate, mais inquiète aussi certains habitants.“Les habitants de Seattle pourront bientôt composter autre chose que leurs détritus et restes alimentaires”, raconte Slate. Le gouverneur de l’Etat de Washington, Jay Inslee, a promulgué une loi mardi 21 mai autorisant le compostage humain, rapporte le Los Angeles Times.

Washington devient ainsi le premier État américain à légaliser le compost humain. Pour Seattle, capitale de l’Etat et très engagée dans les problématiques environnementales, c’est un choix en forme de nécessité, explique Slate

Depuis plusieurs années, poursuit le journal en ligne, le passage dans l’au-delà est aussi affaire de réflexions environnementales : “on enterre désormais sans cercueil, après un embaumement sans produits toxiques, on choisit des sépultures en mer ou bien même de laisser sa dépouille à des colonies de champignons.” Et en 2013, l’entreprise Recompose a mis au point un processus de décomposition qui permet aux corps de se transformer en compost, en un mois.

Ce processus ne requiert qu’un huitième de l’énergie utilisée pour une crémation et permet d’économiser une tonne de CO2 par personne.’ […] Un être humain transformé en compost produit presque un mètre cube d’humus (soit environ la taille de deux machines à laver). Un camion-benne peut généralement embarquer entre 8 et 12 mètres cubes, soit entre huit et douze dépouilles. L’humus produit sera d’abord offert aux amis et à la famille “pour planter un arbre ou un jardin”, peut-on lire sur la FAQ de Recompose. […] ‘L’humus pourra être utilisé pour restaurer les sols, notamment dans les zones fragilisées, comme par exemple une forêt soumise à une mauvaise exploitation pendant des décennies’.”

Comme l’Etat de Washington, 16 pays dans le monde ont déjà autorisé une autre forme de technique funéraire: “l’aquamation” (ou crémation par hydrolyse alcaline), explique Slate.

Qu’en pensent les vivants ?

Une première bienvenue pour l’écologie, ou pour résorber le problème de place dans les cimetières, mais est-ce que les vivants sont prêts à accepter cela, se demande le pure player ?

C’est une chose de se dire favorable à une solution qui permet de rendre les gens à la terre, mais c’en est une autre que de se retrouver face à un mètre cube d’humus qui était auparavant un être humain. On peut être chicaneur et dire que tout humus contient probablement des restes humains, mais on parle ici de gens qui seraient morts récemment, des gens qui étaient encore en vie le mois dernier par exemple.”

Pour Slate, la mort est une expérience universelle et ses rites sont entourés de croyances et de traditions diverses, symboles de la force de cet événement. C’est pourquoi les réactions à ce nouveau procédé risquent d’être contrastées. Parmi les critiques que relaie le site internet : la réaction face à un sol nourri par un corps défunt. “Une amie m’a dit que cela lui ferait bizarre de camper ou de faire de la randonnée dans un endroit comme ça et qu’elle voudrait éviter de marcher dessus si possible. […] Les gens sont naturellement réticents à l’idée de perturber la paix des morts, quelle que soit leur forme.”

Si certains, dans l’entourage de l’autrice, sont enthousiastes à l’idée d’être transformés en arbre ou de recréer la vie, d’autres jugent ce procédé “horrible” et “effrayant”.

Cette légalisation pourrait bien ouvrir une nouvelle ère dans la relation des vivants avec la mort : “Comme pour tous les choix de fin de vie, le symbolisme est extrêmement personnel. À mesure que la pratique se répandra, les gens entoureront certainement l’humus de leurs proches de nouvelles significations, de rituels et de tabous.”

Le Los Angeles Timesprécise que le processus de compostage devrait coûter environ 5 500 dollars (5000 euros), soit plus qu’une crémation basique, mais moins qu’une inhumation. La loi entrera en vigueur le 1er mai 2020.

Note personnelle. Les lectrices-lecteurs qui penseraient que nous trouvé la solution au problème de Vincent Lambert, (bien que cette affaire soit d’une indécence à la fois de la part de la mère du père et d’un certain nombre de gens les entourant, et d’autre part des battages médiatiques tout aussi indécents) ; auraient l’humour noir déplacé. MC


Courrier international – Paris. Source