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C’est Macron qui a l’air fin ! Lors de sa conférence de presse du 25 avril, le chef de l’État a annoncé son intention de faciliter le référendum d’initiative partagée (RIP) en abaissant à 1 million (contre 4,7 millions aujourd’hui) le seuil de signatures d’électeurs nécessaires pour enclencher cette procédure.

Mais la donne a radicalement changé, le 9 mai [2019], avec la validation par le Conseil constitutionnel du projet de référendum lancé par 248 parlementaires de tous bords pour rendre impossible la privatisation d’Aéroports de Paris.

Depuis, l’Élysée et Matignon angoissent : si le RIP peut permettre de bloquer les projets du gouvernement (pendant un an au moins, voire définitivement en cas de victoire au référendum des opposants), il devient urgent de freiner des quatre fers et d’enterrer les promesses macroniennes.

Le secrétaire général du gouvernement, Marc Guillaume, a pris les devants. Dans une longue bafouille d’« observations », transmise fin avril au Conseil constitutionnel au nom du Premier ministre, ce très haut fonctionnaire a passé le RIP au lance-flammes. Déjà très difficile à mettre en œuvre, ce type de référendum ne serait, à suivre son raisonnement juridique, qu’une vaste fumisterie, que seuls des fous furieux souhaiteraient appliquer.

Marc Guillaume explique ainsi que le RIP ne doit pas permettre de s’opposer à un projet ministériel en cours, que le gouvernement a le droit de l’interrompre quand il le souhaite, etc.

Le Conseil constitutionnel l’a envoyé aux pelotes. Et le RIP n’a pas fini de faire cauchemarder Emmanuel Macron et Édouard Philippe.

À quand les réelles prises en compte des décisions d’une majorité populaire ?


Article signé des initiales H. L. Le Canard enchaîné. 15/05/2019