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Il semble que bien peu de média en a parlé. Une absence extrêmement inquiétante de diffusion nationale, radio, télévisuelle comme dans la presse écrite. C’est en parcourant différents supports que nous avons trouvé cette information d’abord dans le journal quotidien « l’humanité », avant de réussir à recouper l’événement (avec bien des difficultés), pour en établir sa véracité. MC

À Toulouse, Odile Maurin est poursuivie pour violence avec arme pour s’être placée devant un canon à eau.

Le fauteuil électrique d’une personne handicapée peut-il être une « arme par destination » ? C’est ce que tente de faire croire (sans rire) la justice, qui poursuit, ce jeudi à Toulouse, Odile Maurin, l’énergique présidente de l’association Handi-social, devenue, au fil des samedis, une figure des gilets jaunes de la Ville rose.

La militante doit comparaître devant le tribunal correctionnel, accusée d’outrage et de violences envers des policiers, des violences qu’elle aurait exercées grâce à… son fauteuil roulant !

C’est la mobilisation du 30 mars qui vaut à Odile Maurin cette humiliante convocation. « Ce jour-là, la police nous a empêchés de poursuivre notre marche alors que le cortège était totalement pacifique », a-t-elle raconté à l’AFP, assurant que les pandores avaient « déclaré la guerre aux manifestants en faisant usage de grenades lacrymogènes et du canon à eau ».

La militante reconnaît s’être placée devant ledit canon, mais pas du tout avoir « volontairement entravé l’arrivée des secours », et encore moins exercé une quelconque violence sur les hommes en bleu. « Oui, un policier est techniquement tombé », reconnaît-elle, « mais c’est son collègue qui avait manipulé le joystick de mon fauteuil que je ne contrôlais plus ».

Précision : elle-même est sortie de cet épisode avec « cinq fractures au pied », quand son fauteuil, manipulé par les « forces de l’ordre », a « rencontré » un véhicule de police.

Pour la militante, aucun doute : ces poursuites constituent « une tentative d’intimidation » destinée à la « faire taire » et à l’empêcher de continuer ses actions coups de poing.

Très mobilisée contre la loi Elan, Odile Maurin avait ainsi, en août, organisé le blocage d’un convoi de pièces de l’Airbus A380, puis celui d’un TGV en octobre, ou encore l’enfarinage d’un député En marche ! en novembre.

Faute d’avoir pu consulter le dossier d’accusation, son avocat, Me Pascal Nakache, devrait demander le renvoi du procès.


Alexandre Fache. Titre original « Ils n’ont pas honte ! Lourdement armée d’un… fauteuil roulant ». Source