Étiquettes

,

ne soyez pas étonnés si vous trouvez sur ce blog les différents programmes des listes inscrites pour l’élection européenne. Nous pensons que l’information n’a pas à être sélective pour se faire une idée.

En perte de vitesse dans les sondages, accusée de retarder ses propositions, la liste LR-EM a besoin d’un second souffle à moins de trois semaines des élections européennes.

Regroupées en neuf thématiques, ces propositions tombent à point nommé, la candidature de la majorité arrivant à un tournant. Alors qu’Édouard Philippe et le gouvernement sont sommés de mettre les mains dans le cambouis de la campagne électorale pour sauver le soldat Nathalie Loiseau en perte de vitesse dans les sondages, ce programme doit avoir pour vertu d’endiguer les critiques en amateurisme faite à la liste LR-EM, longtemps accusée de retarder la présentation de ses propositions. 

Le but? S’appuyer sur des mesures phares pour trouver un second souffle. Mais les choses ne s’annoncent pas franchement aisées pendant que la candidature des Républicains reprend des couleurs et que la tête de liste de la majorité enchaîne les couacs et les déclarations polémiques.

La transition écologique en Une

L’écologie étant un sujet porteur aux européennes, c’est sur le thème de la transition écologique que La République en Marche veut se relancer. C’est lui qui figure en première position du programme. La liste Renaissance, donnée au coude à coude avec celle du RN par les sondages, propose notamment d’investir “au moins 1000 milliards dans la transition écologique.”

Ce niveau d’investissement sur cinq ans viserait à “développer les énergies et les transports propres, rénover les logements et accompagner la reconversion des travailleurs des secteurs en transition”, écrit la liste, qui prône aussi la création d’une Banque du climat devant orienter l’épargne des Européens en faveur de la croissance verte. LR-EM et ses alliés souhaitent aussi affecter 40% des dépenses européennes à la transition écologique.

Les autres “propositions principales” concernent la taxation européenne des grandes entreprises de l’économie numérique, une directive sur “l’éthique des entreprises”, des progrès vers une armée européenne, une évolution de la politique européenne de l’asile, l’ouverture du programme d’échanges Erasmus aux collégiens et apprentis, un “Pacte Simone Veil” en faveur du droit des femmes, et enfin une “Conférence pour l’Europe” associant dirigeants et citoyens tirés au sort.

“Rendre l’Europe aux citoyens”

Justement, la liste entend également faire la part belle à la reconnexion entre Européens et institutions du continent. Pour cela, la majorité propose de conditionner l’accès aux fonds européens “au respect de l’État de droit et à la convergence sociale.” Alors que plusieurs démocraties s’inquiètent de l’affaiblissement de certaines libertés individuelles et de certains droits fondamentaux notamment dans les pays de l’Est, la majorité estime que “l’argent des contribuables ne doit pas servir à financer les États qui politisent leur justice, restreignent les libertés, ou tirent les conditions sociales vers le bas.”

Pour rendre l’Europe “plus démocratique”, sans nul doute un des grands défis de cette élection, La République en Marche propose de “donner au Parlement européen le pouvoir d’initier les lois européennes” mais également de “permettre aux citoyens de participer à l’élaboration des lois.”

Comment? En rendant obligatoire la discussion d’une proposition par le Parlement et le Conseil européen si celle-ci est soutenue par un million de citoyens. La majorité veut également appliquer la même recette qu’en France “pour rendre l’Europe plus efficace” en supprimant des commissaires européens et en limitant à trois dans le temps le nombre de mandats d’eurodéputé.

Pour ce qui est de l’éthique et de la transparence, la liste propose d’interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères et des entreprises, de contrôler les frais des eurodéputés et baisser le plafond de la rémunération des fonctionnaires européens mais également de rendre publiques les rencontres avec les lobbies au sein de toutes les institutions européennes.

Il reste désormais moins de trois semaines à la majorité pour défendre ses idées et garantir sa place de numéro un à l’issue du scrutin. Mais les choses ne sont pas si simples.


Anthony Berthelier. Huffington Post. Source


Dessin de Lefevre – Le canard Enchainé – 08/05/2019