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Il est étonnant que le journal le Parisien fasse son éloge, ce quotidien est plutôt habitué à promouvoir les ordres élyséens, droitiers, voire d’extrêmes droites. La cause est dans la haute valeur du programme proposé, alors ne boudons pas lisons, le, ne serait-ce que selon l’expression, « pour ne pas mourir idiot ». MC

C’est l’une des révélations de cette campagne des européennes. Ian Brossat, la tête de liste communiste, prend la lumière comme personne au PC depuis Georges Marchais.

« C’est bien pour notre parti et pour le débat politique en général », se réjouit-on Place du Colonel-Fabien. […] [Il est] brillants ce communiste de 39 ans depuis quelques jours, […] et les meetings et réunions qu’il enchaîne [avec un programme parfaitement conçu] depuis plusieurs semaines [emportent l’adhésion d’un nombre de présents, toujours plus nombreux, au fil des assemblées].

« […] [Sans contestation] Ian réussit à franchir [un] seuil et [à son parti, d’autant que le seuil des] 5 % nécessaires pour conserver des sièges au Parlement de Strasbourg, alors il sera promis à un avenir de premier plan au sein du parti », affirme Stéphane Peu, un briscard du PC et député de Seine-Saint-Denis.

Dans les débats diffusés par les télés et les radios, le conseiller de Paris défend avec brio des notions aussi arides qu’une clause de « non-régression sociale », un smic européen ou le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale.

Mais Brossat a aussi le sens de la formule. « Nathalie Loiseau, c’est un peu la Richard Virenque de la politique, elle a été candidate à l’insu de son plein gré », lance –t-il à propos de la présence de sa rivale, en 1984 à Sciences Po, sur une liste d’extrême-droite.

Même l’opposition parisienne le loue

Surtout, Brossat préfère la démonstration à la polémique, le débat à l’anathème.

« Dans la période de grande confusion que vit la gauche, son parti peut devenir un repère » , analyse cet ancien professeur, agrégé de lettres, spécialiste de littérature américaine.

« Nous sommes là depuis des décennies sans jamais, contrairement à d’autres, changer tous les quatre mois d’idées ou de nom », vante Brossat qui, entré au parti à l’âge de 19 ans, […] la « Brossat touch » c’est l’affirmation d’une ligne réaliste face aux idéologues. La lutte contre Airbnb accusé de favoriser l’envolée des loyers, l’installation d’un centre d’hébergement pour SDF dans le très bourgeois XVIe arrondissement parisien… « Aujourd’hui, les gamins du centre vont dans les clubs de hockey sur gazon jouer avec les enfants des familles du quartier », se félicite-t-il. Même l’opposition parisienne le loue. […]

 La tête de liste aux européennes nourrit de grandes ambitions pour son parti. « C’est un parti de gens désintéressés qui grâce à leurs cotisations, au reversement par les élus de leurs indemnités, lui permettent d’être encore là. Notre banque, ce sont nos militants ! Je veux contribuer à ce que le parti communiste retrouve une place dans le paysage politique. Il le mérite. »


Article réalisé d’après un texte original de Jannick Alimi, Le Parisien. Titre original : « Européennes 2019 : Ian Brossat, communiste new-look ». Source (extrait)