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« Macron ? Il n’a jamais mis les pieds au QG de campagne. Mais il sait tout : des gens qui passent, aux réunions qui s’y tiennent », ironise un permanent de la rue du 4-Septembre, dans le IIe arrondissement de Paris, là où -En marche !- a posé ses valises depuis janvier pour préparer les européennes.

Et c’est peu dire que le chef de l’Etat surveille de très près cette élection ô combien cruciale pour la suite de son quinquennat, alors que La République en Marche est en balance avec le Rassemblement national pour arriver en tête à l’issue du scrutin du 26 mai. Le président de la République donne même de sa personne. Et presque quotidiennement.

Comme jeudi à Amboise (Indre-et-Loire), dans le cadre d’une rencontre avec son homologue italien Sergio Mattarella pour les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci. Macron a (encore) profité de l’occasion pour rappeler l’importance de ce scrutin dans le contexte actuel. « À un moment où nous avons à réfléchir à l’Europe et à construire son avenir, c’est aussi se souvenir qu’elle est faite d’abord et avant tout de valeurs, de culture, de destins croisés », a-t-il ainsi lancé depuis le château du Clos Lucé.

À en croire son entourage, le sujet serait même devenu « obsessionnel » ces dernières semaines. « Cette élection est fondamentale pour deux raisons, décrypte l’un de ses stratèges. S’il veut avoir une vraie influence au niveau des instances européennes, il va lui falloir une délégation de députés très importante au Parlement. Et sur un plan politique, ce sera le premier scrutin depuis la présidentielle. Un revers pourrait atteindre sa crédibilité ». Alors le président intervient à tous les étages de la campagne pour éviter ce scénario.

Le 4 mars dernier, c’est lui qui en donne le top départ en publiant dans la presse française et européenne une tribune intitulée « Pour une renaissance européenne ». Titre d’où germera le nom de la liste LREM, baptisée… Renaissance. Activisme toujours… Au moment de la constitution de la liste, « tel jour, il appelait pour dire de mettre untel à la quatorzième place par exemple. Puis le lendemain, il donnait un autre nom à cette même position, en oubliant déjà son message de la veille. Il changeait tout le temps d’avis, c’était devenu dingue », raconte un ministre.

Sa présence, à rebours de l’esprit d’ouverture de la liste « C’est très simple, la chef de file, c’est Nathalie Loiseau. Mais le vrai patron, c’est lui », tranche un élu LREM. « Il a des fourmis dans les jambes et souhaite s’impliquer encore plus », enchaîne un autre.

Le 30 mars pour le lancement de la campagne de la majorité aux Docks d’Aubervilliers, il a même tenté de s’inviter par surprise. « Il avait très envie d’y aller, il a même un peu insisté. Mais Nathalie Loiseau et Stéphane Séjourné (NDLR, le directeur de campagne) ont dû poliment le convaincre du contraire », explique-t-on. Reste que le président n’a pas dit son dernier mot.

Une apparition en meeting avant le 26 mai ?

L’idée fait son chemin. Et pourquoi pas le 11 mai prochain, à l’occasion d’un grand raout prévu à Strasbourg. « C’est le cœur de l’Europe, ça aurait du sens », glisse une petite main de la campagne. Même si d’autres sont moins allants sur ce scénario. À commencer par Stéphane Séjourné lui-même, qui échange quotidiennement avec le locataire de l’Élysée : « Certes, il ne serait pas le premier président à le faire. En 2009, Nicolas Sarkozy s’est même invité à deux reprises. Mais il ne faudrait pas que le format d’un meeting traditionnel soit contre-productif pour Emmanuel Macron. Cela pourrait aller à rebours de l’esprit d’ouverture de la liste, avec le risque supplémentaire de l’enfermer dans un camp », confie le directeur de campagne. « De toute façon, au final, c’est Macron qui décidera où, comment et quand il s’investit publiquement. Alors… » souffle un conseiller.


Olivier Beaumont. Le Parisien. Titre original : « Européennes : la campagne vire à l’obsession pour Emmanuel Macron ». Source (extrait)


Un avis qui n’engage que son rédacteur …

La validation de 33 listes reflète « l’individualisme anarchisant» de la société actuelle. Il est a déplorer que cette multiplication de candidatures, fasse le lit de deux partis politiques, au demeurant, les deux seuls capables de réunir le plus grand nombre de leurs suiveurs affidés. Inutile de rappeler leur nom tout le monde les connaît et surtout, les médias les «portent au pinacle» en usant/abusant de sondages, qui leurs sont soi-disant favorables.

La réalité est toute autre, car (d’abord les sondages, sont-ils fiables ?), ils ne décrochent chacun que 20 % de ceux qui iront voter. Or, (et malheureusement), est considéré que le chiffre de l’abstention sera d’environ 70 %. Dans ces conditions ceux qui seront élus et censés représenter les opinions de la France dans le maelstrom de l’assemblée européenne, ne seront en réalité qu’une minorité de Français parmi d’autres minorités d’États. De même, il est illusoire de croire que tous ces élus européens ont un pouvoir décisionnaire sur les lois et directives. Lois et directives sont de toutes façons prisent hors leurs attributions et votes, par quelques technocrates dans des bureaux et avalisés par des ministres ou des chefs d’états. Tout ce beau monde, est sous le diktat auto-guidé des lobbyistes.

L’Europe, de part son statut, ne permet que des accords commerciaux internationaux qui imposent de fait pour les respecter, de vider les accords sociaux et bafouer la démocratie. Tant que l’Europe restera avec la configuration statutaire de Maastricht révisé par les accords de Lisbonne, le libéralisme « gravé dans le marbre », détruira toutes avancées de société, appauvrira une grande majorité et enrichira une petite élite.

Malgré tout ça, il faut aller voter le 26 mai, ne serait-ce que pour faire valoir des droits électifs. Maintenant reste à choisir dans une des 33 listes, le programme qui pourrait vous convenir, mais aussi qui apporterait une équité de justice sociale et financière, à l’ensemble de l’union. Libre choix, vaste choix … bon courage. MC