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Peu importe la, où les personnes désignées dans ces débordements homophobes, c’est l’insupportable montée latente d’un populisme fascisant qu’il faut dénoncer. MC

« Avec nous, Paris redevient beau, sain, vivant! »

Voici le slogan avec lequel Marcel Campion compte faire campagne pour la mairie de la capitale, en 2020.

C’est ce qu’il a rappelé, comme le rapporte Le Monde, au cours d’une réunion publique donnée lundi 29 avril dans le IVe arrondissement. Un événement auquel participait entre autres Frigide Bardot, et qui était censé permettre au « Roi des Forains » de convaincre de nouveaux soutiens de prendre place sur ses listes.

Mais l’homme de 79 ans s’y est surtout signalé par des propos d’une rare violence contre l’équipe municipale actuelle. Toujours selon le quotidien, Marcel Campion s’est effectivement fendu de plusieurs attaques terribles contre la maire Anne Hidalgo, « carrément une salope » qu’il faudrait « punir ». « Elle m’a dit : ‘Moi, j’adore les forains’. Elle a juste essayé deux ans plus tard de nous détruire complètement. Je me demande toujours pourquoi. Elle avait des animateurs gays qui se sont mis après moi », a-t-il également assuré.

Le premier adjoint Bruno Julliard, qui a déjà porté plainte pour diffamation et injure homophobe contre Marcel Campion, était sans aucun doute visé par cette dernière sortie. Mais c’est un autre élu parisien qui a le plus canalisé la haine et la violence des propos de Marcel Campion: Ian Brossat, l’adjoint en charge du logement à la maire de Paris, et actuelle tête de liste communiste pour les européennes.

Marcel Campion, l’ancien organisateur du marché de Noël de Paris l’a accusé d’avoir « préempté » tous les appartements pour les donner « à des cas sociaux ». « En plus, on peut pas dire qu’il est de la jaquette, puisqu’on n’a plus droit de le dire… » Et d’en remettre une couche en parlant d’ « un escroc », « un petit merdeux », « une tête de con », « un avorton qui vient expliquer à tout le monde comment ça marche », pour citer les termes employés par le forain.

Des mots que l’élu communiste a immédiatement condamnés, indiquant qu’il allait porter plainte. « On aurait pu imaginer une certaine retenue à la suite de ses précédents dérapages. C’est au contraire un nouveau cap qui est franchi, après une longue série de propos indignes. » Sur Twitter, il a ajouté: « N’étant pas un paillasson sur lequel ce monsieur Campion essuie ses obsessions homophobes, j’ai décidé de porter plainte. » Ian Brossat

Et au sujet du reste de l’équipe en place à l’hôtel de ville de Paris, le forain n’a pas eu de mots de plus tendres, évoquant des « guignols », une « bande de fous », des « incapables », des « magouilleurs ». Une troupe qu’il compte bien « mettre dehors » lors des prochaines élections municipales, durant lesquelles il se présentera dans le XVIIIe arrondissement.

Durant sa longue logorrhée de ce 29 avril, Marcel Campion a par ailleurs tapé sur des magistrats ayant étudié de près des contrats passés entre la mairie de Paris et son entreprise par le passé. Des « gangsters » et « de vieux magistrats pourris », selon lui.

Ce n’est pas la première fois que l’homophobie et la violence de Marcel Campion s’expriment au sujet des élus de la capitale. En janvier 2018, déjà, le septuagénaire avait eu des mots extrêmement durs et pénalement répréhensibles à l’égard de certains adjoints. « Bon bref, on va arrêter de parler des pédés… euh des homos », avait-il notamment lancé après une longue diarrhée verbale au sujet de Bruno Julliard et de sa prétendue « perversité ».

À l’époque, Ian Brossat avait réagi sur le plateau de « On n’est pas couché », déplorant que de tels propos déclenchent ensuite des vagues d’actes homophobes. Il s’était également félicité que les mots de Marcel Campion aient été sanctionnés, s’attirant par là même occasion les foudres du « Roi des Forains »


Paul Guyonnet, Huffington Post. Titre original : « Ian Brossat porte plainte contre Campion pour injures homophobes ». Source (extrait)