Ah, la flèche !

Et voici la flèche Macron !

Au cours du Conseil des ministres du 17 avril, entièrement consacré, on le sait, à la reconstruction de Notre-Dame, Franck Riester a insisté, un rien solennel, sur la nécessité de « s’appuyer sur le savoir-faire des fonctionnaires du ministère de la Culture, notamment sur les services des monuments de France ».

Emmanuel Macron a paru approuver le propos avant d’en prendre le contre-pied, en annonçant qu’il avait décidé, ce jour, de nommer comme responsable des travaux le général Jean-Louis Georgelin, ex-chef d’état-major des armées.

« Tout le monde connaît sa détermination », a-t-ilajouté, précisant qu’ils’agissait d’éviter « des débats pas possibles sur tel ou tel point technique dont on ne sortira jamais ».

Et Macron d’expliciter

« J’ai donné une échelle de cinq ans pour terminer la réfection de Notre-Dame C’est une échelle humaine. J’ai vu cette dame à la télé qui habite juste en face de Notre-Dame s’interroger sur la durée des travaux. Il faut que cette dame puisse se dire : « Oui, dans cinq ans, je reverrai la toiture refaite. » Il ne faut pas que cette dame se dise : « Je ne reverrai jamais Notre-Dame reconstruite. » Pour arriver à cela, il faut bousculer les habitudes, voire les procédures. »

A la suite de quoi le chef de l’Etat a pris un air grave pour aborder la question, omniprésente dans les conversations et dans les médias, de la fameuse flèche de Notre-Dame ajoutée par Viollet-le-Duc au XIXe siècle : faut-il, ou non, la reconstruire ? … et, si oui, dans son état initial ou pas ?

« Je suis résolument favorable à l’édification d’une flèche ! s’est-il écrié. Je propose que l’on décide de la reconstruire et qu’ensuite on ouvre un concours d’architecture. On en conclura peut-être qu’il vaut mieux reproduire au plus près celle de Viollet-le-Duc, ou peut-être irons-nous vers une création montrant que le patrimoine est vivant et que Notre-Dame peut évoluer avec son temps. »

Les ministres ont compris le message sur marquer l’Histoire, Macron veut sa flèche bien à lui. Après tout, Giscard a bien son musée d’Orsay, Chirac son musée des arts premiers, Mitterrand sa pyramide…

[Est-ce qu’un sculpteur comme César Baldaccini aurait « gratifier » la cathédrale Notre-Dame de Paris d’une flèche ayant la forme d’un splendide doigt montant vers le ciel… (Que chacun aurait pu interpréter à sa façon).

Est-ce qu’une flèche « moderne » choquera ?

Quelle était l’attitude des Français en apercevant la flèche construite par Viollet-le-Duc sur la cathédrale, alors qu’elle n’en comportait pas auparavant ? MC]


Article non signé paru dans le Canard enchaîné du 24/04/2019


[Est-ce qu’un sculpteur comme César Baldaccini aurait « gratifier » la cathédrale Notre-Dame de Paris d’une flèche ayant la forme d’un splendide doigt montant vers le ciel… (Que chacun aurait pu interpréter à sa façon). Est-ce qu’une flèche « moderne » choquera ? Quelle était l’attitude des Français en apercevant la flèche construite par Viollet-le-Duc sur la cathédrale, alors qu’elle n’en comportait pas auparavant ? MC]

2 réflexions sur “Ah, la flèche !

  1. jjbey 25/04/2019 / 11:26

    Soit on rase tout, soit on refait tout. Je souhaite que l’on refasse tout mais il faut que l’aspect global, quelques soient les matériaux utilisés, soit celui d’avant la destruction.
    Les généraux sont plus experts en démolition qu’en construction alors faisons confiance aux architectes dont c’est le métier.

  2. bernarddominik 25/04/2019 / 12:31

    Ce mec n’a aucun respect pour l’histoire de son pays. Il est mégalomane comme tant de présidents avant lui. Il n’est pas normal que ce soit le président qui décide pour un monument historique

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