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[A l’approche des élections européenne, les coups bas, chausse-trappes, vraies ou fausses informations, circulent dans et autour des partis politiques se présentant aux élections européennes.

Des informations (vraies ou fausses), faisant du même coup les choux gras, les scoops, fake news, des médias, favorisant ainsi de fait deux formations politiques : « Rassemblement National » (RN) et « En marche » (LR-EM). D’où l’évidente question posée; à qui profite ce type d’info, quelle en est le but, quelle en est sa véracité ? MC]

[Note : D’abord cette information date du 18 avril 2019, ensuite elle a été plusieurs fois amendée, augmentée de différentes informations provenant de différentes sources. Toutefois le questionnement reste identique et ce malgré, les différents échanges entre les protagonistes. Il y a donc lieu de mesuré à petite dose ce type d’information. D’autre part, l’incendie survenu à la cathédrale de Paris et l’envahissement médiatique qui en a suivi, n’a-t-elle pas fait « disparaitre » ce type de conflit interne, d’ailleurs prit dans la même soustraction, dans un ret intellectuels auto- cachant toutes les informations concernant les programmes, propositions des partis politiques se présentant a l’élection européen. MC]

Thomas Guénolé attaque violemment la France insoumise ?

Le politologue, candidat aux européennes pour la France insoumise, dénonce ce 18 avril les « méthodes staliniennes » de la direction du mouvement. Le comité électoral évoque pour sa part une enquête interne pour « des faits pouvant s’apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé ».

Coup de tonnerre à la France insoumise. Ce 18 avril, Thomas Guénolé publie un communiqué virulent dénonçant le manque de démocratie interne à la France insoumise (LFI), la « personnalité imprévisiblement colérique » de Jean-Luc Mélenchon et une dérive « autocratique » de l’ « appareil central ». La charge est violente.

Sur ces deux pages publiées apparemment sous le coup de l’urgence, « pour diffusion immédiate », le politologue, candidat en 14e position aux européennes pour LFI, accuse la direction du mouvement de mettre en danger LFI en raison de la présence en son sein de Sophia Chikirou, et du risque de condamnation judiciaire qui pèse sur elle. Il estime aussi que Charlotte Girard, pressentie pour être tête de liste, a été « placardisée » pour avoir alerté sur ce même risque.

Selon son réquisitoire, tous ces éléments conduisent le mouvement à sa chute. En fin de document, le vocabulaire de Thomas Guénolé se fait cependant plus cryptique. Il s’indigne des « méthodes staliniennes » qui le visent, déclarant qu’on l’accuse de « choses sur la base de rumeurs », et que des pressions s’exercent sur lui pour qu’il retire sa candidature.

Quelques minutes après la publication de ce communiqué au vitriol, le comité électoral du mouvement populiste de gauche, piloté par Manuel Bompard (lui aussi visé par Thomas Guénolé), réplique.

Laconique mais clair : « Le comité électoral a reçu un signalement d’une jeune femme dénonçant des faits pouvant s’apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé. Nous avons saisi le Pôle d’écoute et de vigilance contre les violences sexistes et sexuelles. Le dossier était en cours d’instruction. Nous découvrons avec stupeur le communiqué de Thomas Guénolé qui instrumentalise des prétextes politiques pour sa défense. »

 Selon les informations de Mediapart, une étudiante de Sciences Po s’est en effet plaint du comportement de Thomas Guénolé lorsqu’il était son professeur.

Parmi les cadres de la France insoumise que nous avons contactés, l’atmosphère se partage entre stupeur et effarement. […] En effet, les accusations implacables de Thomas Guénolé en étonnent plus d’un(e) à LFI. Très présent dans les médias, le politologue a toujours défendu bec et ongle Jean-Luc Mélenchon (dont on le dit proche), […]

Alors comment expliquer cette explosion soudaine de critiques ?

[…]

La piste de la mauvaise foi de la part du politologue [serait] privilégiée. Les insoumis encaissent le choc, mais ne cessent de s’étonner de ses arguments : « Il ne découvre pas le fonctionnement de LFI. Qu’est-ce qui lui prend maintenant ? Je n’ai jamais entendu de critiques de sa part auparavant », souligne aussi Clémentine Autain, qui a déjà émis des remontrances sur le fonctionnement interne du mouvement, dit « gazeux » par « JLM » (« Le mouvement n’est ni vertical ni horizontal, il est gazeux », avait-il déclaré au magazine Le 1).

Le Pôle d’écoute antisexiste était prévenu depuis le 3 mars 2019

Contacté par le JDD suite au communiqué du Comité électoral, Thomas Guénolé se défend : « Je ne sais toujours pas de quoi je suis accusé, car la France insoumise ne m’a communiqué aucun document m’accusant précisément. De plus, le mouvement a refusé, malgré les demandes répétées de mon avocat, de me communiquer quoi que ce soit ».

Depuis décembre 2018, LFI dispose d’un Pôle d’écoute et de vigilance contre les violences sexistes et sexuelles, piloté par Danielle Simonnet. Il a été présenté aux candidats aux européennes lors d’un séminaire fin mars 2019. Celui-ci a bien été saisi d’une plainte concernant Thomas Guénolé, comme nous avons pu le vérifier. […]

Ce jeudi après-midi, le nom de Thomas Guénolé a disparu de la page des candidats aux européennes de LFI, où il figurait en position non-éligible, à la 16e place, comme l’a noté Mediapart. […]

Article mis à jour le 18/04/2019 à 14h46 avec la réaction de Jean-Luc Mélenchon, et à 19h17 avec les informations de Médiapart.


Mathieu Dejean. Les Inrocks. Titre identique. Source (extrait)