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Non Il n’est pas question d’être incorrecte vis-à-vis de l’événement qu’est l’incendie de Notre-Dame.

Même s’il tombe « au mauvais moment » (conjonction planétaire?) exactement le jour où Emmanuel Macron devait apporter des réponses après six mois d’événements « gilets jaunes » et l’immensité (euh, faut pas exagérer) contributive au grand débat, analysée par des logiciels et l’intelligence artificielle … (et ne nous faites pas dire que cet incendie fait partie d’un complot, contentons-nous de l’accident bien involontaire, hélas tout à fait possible – et l’industriel chargé des travaux doit être dans une belle mouise), même si nous ne sommes pas particulièrement attachés à la religion, nous reconnaissons à ce bâtiment, sa valeur historique, culturelle et architectural, sa symbolique française qui lui est attachée au même titre que la tour Eiffel.

Dessin d’Aurel – le canard enchainé – 14/04/2019

Maintenant la suite donner à cet événement catastrophique, devient beaucoup plus divertissante … si vous vous placez au niveau des gouvernants de la France.

Voilà un peuple, doivent-ils penser, qui ne cesse de réclamer depuis des mois, davantage de pouvoir d’achat sous prétexte qu’ils ont de moins en moins la possibilité de boucler leur fin de mois … et qui donnent des dons importants au regard de leur possibilité personnel, oui nos gouvernants doivent bien se fendre la pêche dans les couloirs élyséens, dans les ministères, dans les assemblées.

Dessin de Lefred Thouron – Le canard enchainé 17/04/2019
Dessin de Lara – Le Canard Enchainé 17/04/2019

Pinault et Arnault, tout feu tout flamme

Lundi soir, alors que tout brûlait à Notre-Dame, François Pinault et son fils, François-Henri, sortaient sans défaillir leur carnet de chèques. À 23 heures, ils faisaient savoir à l’AFP qu’ils mettaient 100 millions sur la table.

La course était lancée.

Mardi matin à 8h46, Bernard Arnault, pris de court par le démarrage foudroyant de son rival historique dans le commerce de luxe comme dans le mécénat, répliquait et faisait monter les enchères : 200 millions ! Qui dit mieux ?

Calculette en main, Jean-Jacques Aillagon, directeur général de la collection Pinault est excellent ministre de la culture, expliquait, un peu plus tard, les annonces de son patron en demandant que les donateurs bénéficient d’une réduction d’impôt de 90 %, prévue par une loi de 2003 réservés aux « trésors nationaux ». Une loi dont il est d’ailleurs l’auteur…

Cela ne revient-il pas à faire financer une part des dons par les contribuables ?

François-Henri Pinault écartait cette mauvaise pensée : « si le succès qu’on a dans les affaires ne sert pas à ce genre de cause, ça ne sert à rien. Il n’y a pas de calcul. » Émouvant non ?

Émouvant et rassurant. Cela prouve que le capitalisme a une âme et que nos milliardaires ont une vie spirituelle. Pas un coffre-fort à la place du cœur !

Chacun le temps d’une catastrophe peut y croire reste à savoir si les employés de ces supers patrons donateurs sont du même avis alors qu’ils galèrent pour obtenir 5 à 10 % d’augmentation de leur pouvoir d’achat.