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Faut-il « passer » par les réseaux sociaux, se dégager des médias audios et télévisuels habituels pour que certains partis politiques puissent faire entendre leur programme ? Si cela est avéré c’est bien une pure forme d’autocensure exercée par les chaînes privées et leurs patrons affidés au gouvernement, quant aux chaînes publiques, les informations sont dictées directement de l’Élysée. MC

[ Ainsi avons-nous trouvé dans un article du « Huffington Post » daté du 10 avril 2019, sous le titre « Trois propositions simples (et gratuites) pour rompre avec l’Europe du fric » une interview de Yann Brossat. Bien évidemment le simple fait de savoir que cette tête de liste appartient au parti communiste peut – pourra pour certains lecteurs systématiquement écartés ses propositions. Proposition pourtant qu’il me semble nécessaire d’entendre. MC ]


Les Français s’intéressent peu à l’Europe, et quand ils s’y intéressent, c’est bien souvent pour jeter sur l’Union Européenne un regard pour le moins critique. Comment pourrait-il en être autrement, alors que cette structure technocratique semble n’imposer que des régressions?

Pour chaque eurodéputé présent à Bruxelles, on compte quarante lobbyistes qui s’affairent dans les coulisses. C’est un véritable parlement parallèle, celui des intérêts privés. Ces représentants-là ne sont pas élus, ils sont payés par les multinationales pour tordre les directives dans le sens qui leur est le plus favorable, c’est-à-dire hostile à toute réglementation sociale et environnementale ambitieuse.

Comment redonner confiance dans les institutions européennes quand elles sont noyautées par une armée de petits télégraphistes des firmes pollueuses et profiteuses?

Ces décideurs de l’ombre s’adressent à des hauts responsables de la Commission Européenne qui viennent du même monde qu’eux et défendent le plus souvent les mêmes intérêts privés. Pire, le premier d’entre eux, Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission, est mis en cause dans le scandale mondial d’évasion fiscale révélé par les “Lux Leaks”. […]

J.C. Juncker est payé 32.000 euros par mois. C’est deux fois plus en un mois que ce que gagne un travailleur européen en moyenne sur un an. Pourtant, sa Commission n’hésite pas à envoyer des recommandations à la France et aux autres États enjoignant de baisser les petits salaires pour améliorer la “compétitivité” des travailleurs…

L’indécence de ces dirigeants européens déconnectés est l’une des causes du désaveu qui frappe l’Union. Pour y remédier, je propose de diviser par trois le salaire du Président de la Commission Européenne (ce qui lui laissera tout de même des émoluments supérieurs à ceux d’un ministre français!)

Autre scandale dans le fonctionnement de la Commission Européenne: son système de portes tournantes. Les dirigeants des firmes et des banques deviennent commissaires européens, puis repartent dans le privé, et ainsi de suite, sans contrôle ni restriction, sans période de carence. Le conflit d’intérêt est institutionnalisé! […]

Où sont les “vraies gens” dans cette Europe-là?

Depuis cinq mois maintenant, la France est agitée par le mouvement des gilets jaunes: de plus en plus de citoyens des classes populaires et moyennes ne se reconnaissent plus dans ces institutions et ces représentants qui ne les connaissent pas et ne les écoutent pas. La Commission Européenne est la caricature de cette sphère politique déconnectée des réalités des familles modestes, des travailleurs de nos territoires. La liste que j’ai l’honneur de conduire, « Pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent », est la seule à être composée à 50% d’ouvriers et d’employés, exactement comme la population active de notre pays.

  • Comment veut-on que la majorité des salariés se reconnaissent dans un Parlement Européen qui ne compte que trois ouvriers sur 751 eurodéputés?
  • Comment pourraient-ils s’intéresser aux enjeux européens alors que l’ensemble des pouvoirs y sont accaparés par les seuls représentants des classes sociales les plus favorisées?
  • Faudra-t-il un jour rendre obligatoire une meilleure représentation sociale sur les listes pour garantir un nombre minimum d’élus issus des classes populaires?

À la lecture de ce texte, certain pourront trouver les arguties bien minces au regard d’autres problèmes que posent les décrets-lois de l’UE, en matière de société, d’inégalités de droits salariaux et syndicaux, des justices fiscales et sociales … totalement inégalitaire entre les états composant l’union européenne. C’est tout à fait vrai, mais comme le dit Yann Brossat, pourquoi ne pas réaliser déjà ces trois propositions simples, avant de s’attaquer aux problèmes plus complexes ?

Une dernière chose, ce n’est pas parce que je cite une (des) proposition (s) de Yann Brossat que j’en ferai à coup sûr, mon candidat pour cette élection européenne. Juste qu’il m’insupporte que lui soit d’abord attaché à un anticommunisme primaire (repoussant toutes lectures) alors que comme tous les autres partis politiques, le programme qu’il présente, peut comporter des réflexions /propositions utiles à la société et à l’UE. MC


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