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[On doit se demander ce qui est le plus inquiétant… de ne pas avoir retenu la leçon d’un Benalla et compagnie investie de tous les pouvoirs et n’ayant qu’un référent, le jupitérien de service, le fait que soit prôner, claironner le fait de réduire les frais de fonctionnement des services publics à tous les niveaux y compris élyséens, …

alors que le locataire temporaire du bâtiment, reconstitue une garde prétorienne autour de son périmètre personnel.

Voilà bien une décision qui semble compromettre quelques avancées sociales ou fiscales sur la plus grande partie des doléances exprimées et revendications portées par les manifestants. Relayant certainement dans une diatribe en forme de leçons par notre si bon délicat président de la république: « désolées nous ne pouvons pas faire plus que nous avons déjà fait, compte tenu des dettes abyssales que nous avons reçu en héritage.» Le tout bien évidemment, arguer, commenter, diffuser et rediffuser à satiété, par les médias à sa solde. MC]


Après l’affaire Benalla, les flics pensaient la cause entendue : l’Élysée allait renoncer au super service de protection présidentielle, voulu par Macron, sur lequel planchait son célèbre chargé de mission. Tout faux !

Le chef de l’État aura bientôt sa nouvelle Direction de la sécurité de la présidence de la République (DSPR).

Cette structure flambant neuve, financièrement autonome et ne dépendant plus de la Place Beauvau, doit voir le jour ce mois-ci. Les 300 poulets et pandores qui la constitueront, triés sur le volet, auront pour mission de protéger tout à la fois le Président, sa famille et son Château.

Gare aux gorilles

Jusqu’à présent, deux entités cohabitaient : d’un côté, les gardes républicains, qui veillaient sur le bâtiment et sur le chef de l’État lorsqu’il se trouvait à demeure ; de l’autre, les gorilles du Groupe de sécurité de la présidence (GSPR), qui chaperonnaient Emmanuel et Brigitte lors de leurs escapades officielles et officieuses. Une situation dont s’accommodaient parfaitement les poulets : à l’instar des gendarmes du GSPR, et sur un pied d’égalité, ils dépendaient du directeur général de la police. Lequel avait un droit de regard quant au recrutement, à la formation, au matériel et à l’argent mis à disposition.

Malin comme un singe

La grande crainte des flics est de voir les gendarmes prendre le contrôle de cette garde présidentielle. Leurs petits camarades dirigent déjà le GSPR et le commandement militaire du Palais. « C’est un remake de 1981, s’agace un chef poulet. Sitôt élu, Mitterrand, qui se méfiait des policiers, avait demandé au commandant Prouteau, alors patron du GIGN, de le protéger en créant le GSPR. »

Un cordon prétorien constitué exclusivement de super-gendarmes (jusqu’à l’élection de Chirac, quatorze ans plus tard) et responsable de l’affaire des écoutes illégales de l’Élysée.

Pour désamorcer les critiques, Macron a sacrifié quelques têtes.

Exit les généraux Eric Bio-Farina et Lionel Lavergne (respectivement patron des gardes républicains au Château et chef du GSPR) , qui, avec Alexandre Benalla et Christian Prouteau (dans le rôle du consultant !), ont conçu la nouvelle DSPR. Même leurs adjoints ont été priés de faire leur paquetage.

Les poulets espéraient récupérer les places laissées vacantes.

Raté ! C’est un gendarme qui a été choisi pour devenir le premier directeur de la sécurité rapprochée. Les flics se contenteront d’un poste d’adjoint…

Macron a-t-il rouvert la boîte de pandore ?


Article signé de D. H. et C. L. Paru dans « le Canard enchaîné » sous le titre original de : « Une garde prétorienne pour I’Élysée ! ». 03/04/2019