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Nous vivons une période d’initiatives de citoyens engagés dans des actions de solidarité et de protection de l’environnement, d’entrepreneurs (associatifs, coopératifs, mutualistes, artisanaux) conjuguant des finalités économiques et sociales, et d’autre part, un malaise persistant, des effets trop modestes de ces initiatives.

Des initiatives qui paraissent marginales, loin de l’économie globale. Des initiatives qui ne parviennent pas à assurer une vie meilleure, à rétablir la confiance dans notre cadre de vie et nos institutions.

Se développent laborieusement ces initiatives, animées par des réseaux tels que les Amap. Des Les expériences d’agriculture « maîtrisée », de production bio, la modification des pratiques alimentaires, le resserrement par des circuits courts des rapports entre citadins et agriculteurs ; mais cette évolution, si significative soit-elle, ne change pas profondément la situation ni des réseaux, ni des agriculteurs, ni des pratiques de la société phagocytée par les grands groupes et l’économie libérale. Une grande part d’entre eux ne vivent pas décemment, et le taux de production bio reste très faible et a du mal à assumer la demande en constante évolution.

D’autres initiatives de plus en plus nombreuses tendent à insérer les chômeurs par l’activité économique, mais n’offrent que des emplois précaires, en qualité et en nombre insuffisants.

Quant aux associations, aux comités de quartiers qui, dans les villes, combattent la ségrégation et le mal-être sur tous les fronts, habitat, santé, enseignement, transports, logement,ils témoignent d’un fort élan civique, mais ne parviennent pas à donner à tous un accès aux services essentiels, à remédier vraiment à l’asphyxie grandissante des villes et au dépérissement de l’activité commerciale de leur centre.


D’après un article paru dans « Libération » – Titre original : « Pourquoi une autre économie est possible » – Source (Extrait)