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C’est un coup de projecteur sur une réalité dont on parle peu : plus encore que les retraités, que l’on a beaucoup entendu dans les rangs des Gilets jaunes, les seniors actifs, autrement dit les salariés âgés de 50 à 65 ans, vivent souvent  avec un pouvoir d’achat en berne. Quant aux retraités c’est la catastrophe.

Selon un sondage (1) CSA pour le compte de Cofidis :

  • un sur deux (47 %) à avoir du mal à boucler leurs fins de mois.

Sur les douze derniers mois :

  • un sur trois affirme avoir déjà été à découvert
  • un sur dix à avoir dû emprunter de l’argent à ses proches.

« Cela signifie qu’ils n’ont pas pu avoir accès à un crédit auprès de leur banque ou d’un organisme financier », décrypte Céline François, directrice marketing de Cofidis dont la moitié des crédits concernent des plus de 50 ans.

Les causes principales de ces difficultés financières ?

Plus touchés que les autres salariés par le chômage de longue durée, les quinquas souffrent de la précarisation du marché de l’emploi qui s’aggrave avec l’âge.

  • Un seul exemple : après 55 ans, un quart (25,5 %) des seniors qui travaille est à temps partiel contre moins d’un sur cinq (18,5 %) pour l’ensemble des salariés.
  • Un tiers d’entre eux a, en outre, encore des enfants à charge et/ou des parents qu’il faut aider.
  • Tout cela grève lourdement le budget de ces familles.

Conséquences de ces fins de mois difficiles, les quinquas sont contraints de se serrer la ceinture.

  • sept sur dix (72 %) peinent à épargner pour leur retraite et ont déjà fait une croix sur une dépense ou un projet important,
  • un sur deux (45 %) a renoncé à rénover son appartement
  • un tiers (33 %) à s’accorder une activité de loisir ou une sortie en famille.

Ces seniors actifs sont, par ailleurs, adeptes du système D et profitent à plein des soldes, des cartes de fidélités ou de l’achat-vente de produits d’occasion.

Sur le plan politique, cette étude met en relief l’hypersensibilité des classes moyennes aux thèmes du pouvoir d’achat et de la pression fiscale, à l’origine de la révolte des Gilets jaunes.

Autre enseignement, les seniors sont « très critiques envers l’exécutif », note l’étude.

  • Qu’ils soient actifs ou retraités, « 80 % n’ont pas confiance dans le gouvernement pour améliorer leur pouvoir d’achat ».
  • Enfin, et la leçon serait à méditer pour Emmanuel Macron et Édouard Philippe, l’étude de CSA conclut qu’« en pleine discussion sur la réforme des retraites […], les seniors actifs sont mitigés (46 %) sur le fait de repousser leur âge de départ à la retraite pour toucher une pension plus importante ».
  • Sans surprise, les ouvriers et les employés sont sur ce sujet beaucoup plus réticent que les cadres.

Marc Lomazzi, Le Parisien. Titre original : «Pouvoir d’achat : un senior actif sur deux a du mal à boucler ses fins de mois ». Source (extrait)


  • Etude/sondage du 12 au 18 février par CSA Research pour Cofidis.

L’Etude Cofidis/CSA

Il faudrait 464€ par mois aux Français pour vivre un peu mieux !

Les Français déclarent manquer en moyenne de 464€ chaque mois pour vivre (soit 3€ de moins que l’an passé). Cette somme importante entraîne des arbitrages quotidiens conséquents. Si les Français disposaient de cette somme, ils investiraient très majoritairement en premier lieu dans :

  • Les loisirs (51%, +6 points par rapport à 2015)
  • L’équipement de maison (34%, -7 points)
  • L’habillement (29%, +5 points)
  • L’alimentation (28%, +1 point)

Le sentiment de difficulté financière et l’impression de pauvreté augmentent

Un Français sur quatre n’arrive pas à boucler ses fins de mois : 20% se voyant contraints de puiser dans leurs réserves et 6% creusant plus dangereusement leur endettement.

Si une part importante des répondants parviennent à épargner (40%), ces économies se limitent dans la plupart des cas à « mettre un peu d’argent de côté » (35%), la part des Français se déclarant en capacité d’épargner des sommes importantes se limitant à 5%.

Enfin, 31% des personnes interrogées déclarent « juste » parvenir à boucler leur budget, ce qui les expose plus fortement aux imprévus (cf. étude Cofidis sur les Français et les imprévus – 28 juin 2016).

Enfin, si 61% des Français s’estiment à l’abri de la pauvreté, un quart des personnes interrogées se voient en train de glisser vers la pauvreté, et 8% se décrivent comme pauvre.

Les différences de niveaux de vie s’écartent entre les plus aisés et les plus fragilisés

Si, à l’instar des catégories aisées (70%), les classes moyennes supérieures jugent en large majorité leur pouvoir d’achat « correct » (74%), les classes moyennes inférieures se révèlent plus partagées : 56% jugent leur pouvoir d’achat correct et 35% l’estiment faible, ces perceptions les rapprochant ainsi des catégories modestes (correct : 53%, faible : 42%).

En ce qui concerne le pronostic sur l’évolution de leur pouvoir d’achat, les classes moyennes inférieures font part d’un état d’esprit résolument soucieux (50% estiment qu’il va diminuer, 38% qu’il va rester stable) plus encore que les catégories modestes (baisse : 47%, stabilité : 45%).


Sondage Cofidis. Source (Extrait)