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Israël est une démocratie unicamérale à représentation proportionnelle, dont la caractéristique la plus cruciale est le faible seuil de votes exigible pour l’accession à un siège au parlement, la Knesset.

Bien que régulièrement rehaussé pour endiguer la fragmentation politique (d’un pour cent de 1949 à 1992 il est passé à 1,5 pour cent de 1992 à 2003, puis à 2 pour cent de 2003 à 2014, et a été relevé à 3,25 pour cent en 2015), il maintient Israël dans le groupe des pays aux systèmes comparables qui possèdent les seuils les plus bas.

Pour saisir la portée de cette particularité, il faut prendre en compte deux facteurs supplémentaires : la représentation par scrutin de liste plutôt que géographique, et la propension surprenante de la culture politique israélienne à sécréter en vue de chaque élection de multiples petits partis, souvent autour de sujets uniques, et la plupart du temps éphémères.

Pas moins de 200 partis ont ainsi existé depuis la création de l’État (pour une population d’environ 800 000 en 1948 et de 8,7 millions aujourd’hui), et 110 ont accédé à la représentation.

Ce système rend impossible l’obtention d’une majorité de sièges à la Knesset (61 sur les 120 existant) pour un seul parti et explique que les gouvernements d’Israël aient quasiment toujours été des gouvernements de coalition, souvent hétéroclites et fragiles.

C’est essentiellement de ce phénomène qu’ont bénéficié historiquement les petits partis religieux, qui ont ainsi presque toujours eu une capacité d’influence supérieure à leur représentativité en permettant aux deux grands partis, Travaillistes et Likoud, de former des gouvernements, contre la concession de privilèges (essentiellement sous forme de prestations sociales) pour leurs électeurs.


Extrait d’un article signé de Corinne Mellul, maître de conférences à sciences po paris, dont vous pouvez suivre le lien, lire l’intégralité. http://www.iris-france.org/wp-content/uploads/2019/03/Obs-religieux-Les-partis-religieux-en-Israel-mars-2019.pdf