Étiquettes

,

De l’art de jeter de l’huile sur le feu d’un Proche-Orient déjà si meurtri.

Donald Trump a annoncé à la fin de la semaine dernière que les États-Unis reconnaissaient la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, annexé depuis 1967.

Après cinquante-deux ans, il serait temps de le faire, car le plateau est d’« une importance stratégique et sécuritaire critique pour l’État d’Israël et la stabilité régionale », a osé le locataire de la Maison-Blanche.

Sous l’impulsion d’un groupe d’élus républicains, le Congrès pourrait rapidement avaliser à son tour cette annexion.

Les Nations unies et le droit international sont ainsi, une nouvelle fois, piétinés. Les résolutions 242 et 338 de l’ONU, ratifiées pourtant jadis par les États-Unis, relèvent le caractère illégal de l’occupation israélienne.

Après sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et son retrait de l’accord sur le nucléaire iranien, la Maison-Blanche a décidé de franchir un pas supplémentaire dans son soutien sans faille aux forces nationalistes et d’extrême droite israéliennes, qui se sont propulsées aux affaires sous l’égide du très controversé « Bibi » (Benyamin Netanyahou).

L’administration Trump juge sans doute qu’elle peut se permettre ce type d’escalade grâce aux accords passés avec Riyad et les monarchies du Golfe, pour donner le change à un monde arabe très divisé.

À trois semaines des élections législatives, l’offrande trumpienne arrive à point nommé pour un Netanyahou, menacé par de retentissantes affaires de corruption et par les surenchères de plus ultranationalistes encore que lui.


Bruno Odent – Source