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En fait de programmes c’est avant tout des mots lancés : engagement, territoires, compétences et rassemblement, et Mesdames et Messieurs les candidats qui ne se connaissaient pas 48 heures avant doit édicter des formulations communes équivalentes à un programme pour l’union européenne des années futures. Il y a là encore une fois de la part de Macron une désinvolture, un dédain face aux institutions de celui qui se pense capable d’imposer [rien que ça et en toute modestie bien sur] un nouvel ordre à l’union européenne, devrait déjà balayer ce type de déférence envers une institution, des élus et des électeurs.

Nathalie Loiseau (1) [plutôt autoproclamés et avec l‘aval « jupitérien »], s’est pour sa part contentée de recycler les thèmes développés dans la « lettre » d’Emmanuel Macron, publiée simultanément en vingt-quatre langues, le 4 mars 2018. « Exigeants, impatients et sûrement pas “eurobéats” », a également insisté la tête de liste LREM, au cours d’un bref discours sans souffle ».

Pascal Canfin, ex-directeur général du WWF, Pascal Durand, cofondateur d’Europe-Écologie et vice-président du groupe Verts-Alliance libre européenne à Strasbourg. Les deux hommes font aujourd’hui figure de prises de guerre pour les macronistes dont l’image écolo a été passablement écornée après le départ de Nicolas Hulot du gouvernement fin août 2018.

La liste des candidats LR–EM, se présentant à l’électorat pour ces européennes; n’est qu’un mixte de servilité envers le chef Macon, de pensées carriéristes, de volontés plus ou moins aventurières, plus ou moins sincère, opportunistes a souhaits est :

  • une pincée de MoDem (Marie-Pierre Vedrenne),
  • un soupçon de juppéistes (Fabienne Keller).
  • agrémenté de quelques provenances de la « société civile », comme la journaliste Catherine Chabaud; l’ex-éditorialiste de France Inter, Bernard Guetta.

Parmi les noms inattendus :

  • L’ex-ministre italien Sandro Gozi ???
  • Deux ex-conseillers du président [incorporer dans la liste en guise de remerciement sans doute], Stéphane Séjourné ; Gilles Boyer, qui occupait jusqu’alors la fonction de conseiller spécial d’Édouard Philippe à Matignon.
  • François Bayrou a lui aussi placé l’une de ses proches, puisque Laurence Despaux, sa directrice de la communication à la ville de Pau (Pyrénées-Atlantiques) dont il est actuellement maire, figure en quinzième position.
  • Quant à Jérémy Decerle, ancien président des Jeunes agriculteurs qui avait fustigé la politique gouvernementale dans un entretien accordé à L’Union, début décembre 2018 : « Ce qui nous agace le plus c’est que d’un côté on attend des mesures qui n’arrivent pas et de l’autre celles qui sont contraignantes, interdiction du glyphosate [l’Assemblée a refusé d’inscrire l’interdiction dans la loi – ndlr], redevance pollution, sont par contre rapidement mise en place. » Autre point de crispation : selon lui : le « manque de reconnaissance » de la profession. « Les paysans en ont assez de l’“agribashing”. Les L215, Greenpeace ont pignon sur rue et l’État laisse faire cela », avait-il ajouté … est-ce pour le mettre au pas ?

Sociologiquement, cette liste de candidats, identifiée LREM préserver un panel de la société sauf à noter qu’à aucun moment le monde salarial est représenté. Entre les avocats et juristes (au nombre de quatre), les médecins (ils sont trois), les personnalités ayant déjà un mandat électif (sept) et celles et ceux occupant des postes de direction ou de cadre en entreprise (quatre).

Des candidats, mais pas de programme précis.

Le seul socle récent qui unit ces trente premiers noms demeure donc la « lettre » d’Emmanuel Macron. […] [D’ailleurs] répondant à une question sur le programme, Nathalie Loiseau n’en a pas fait mention. La tête de liste s’est contentée de rester évasive, en reprenant les éléments déjà développés par Emmanuel Macron dans sa « lettre », sur l’écologie, l’innovation et la nécessité de renforcer une politique commune sur l’immigration.

[Que faut-il penser du non programme du groupe « La République En Marche (LR–EM) ». Ne sommes-nous pas en droit d’envisager que ce groupe dirigé par Emmanuel Ier pratique comme à son habitude, le vous n’y connaissez rien laisser faire les professionnels… mais où sont donc les professionnels en la matière et quels sont les aménagements que les élus entendent obtenir de l’union européenne pour le bienfait du peuple français ? MC]


Réécrit en grande partie, d’après un article de Manuel Jardinaud, Médiapart. Titre original : «Liste LREM aux européennes: 30 candidats, zéro programme ». Source (extrait très partiel)


  1. Nathalie Loiseau, ancienne directrice de l’École nationale d’administration (ENA), longtemps juppéiste avant de rejoindre les rangs de LR-EM, avait mis en scène sa candidature le 14 mars, lors d’un face à face avec Marine Le Pen, dans « L’Émission politique » de France 2.