Étiquettes

, ,

Avant le sommet européen de ce jeudi 21 mars, le président français a affirmé que l’Union européenne n’acceptera un report du Brexit que si un accord de sortie est validé par le Parlement britannique.

Des propos susceptibles de favoriser l’option tant redoutée du « no deal », pointe The Times.Dans moins de 200 heures, le Royaume-Uni est censé quitter l’Union européenne. Un scénario que le gouvernement britannique tente de repousser, après avoir demandé un report du Brexit au Conseil européen, jusqu’au 30 juin. Les membres de l’UE se réunissent ce jeudi 21 mars à Bruxelles pour discuter de ce plan de sortie.

En préambule de ce rassemblement, Emmanuel Macron a averti le Royaume-Uni : « Sur le Brexit, il nous faut être clairs, vis-à-vis de nous-mêmes, de nos amis britanniques et de nos peuples. L’accord de retrait ne peut pas être renégocié. En cas de vote négatif britannique, nous irions vers un no-deal. »

Des déclarations qui sèment le trouble dans la stratégie de Theresa May, le speaker du Parlement ayant refusé un troisième vote sur un accord de sortie. 

Résultat, estime le chroniqueur du Times Iain Martin, « les paroles sévères de Macron rendent une sortie sans accord davantage probable ». Le journaliste britannique avance que si « les chances d’un ‘no deal’ étaient grandes hier, aujourd’hui la probabilité d’aboutir à ce résultat accidentel augmente d’heure en heure ».

D’après le quotidien de Londres, « le président français a en tout cas raison sur un point quand il dit que les Britanniques doivent prendre une décision et s’y tenir, le référendum de 2016 a eu lieu il y a 1 001 jours et tout le monde en a assez ».

L’accord de sortie négocié entre Londres et Bruxelles a déjà été soumis deux fois au Parlement britannique, et à chaque fois largement rejeté.

Les félicitations de Farage

Perçu outre-Manche comme un farouche opposant au Brexit, Emmanuel Macron semble pourtant avoir donné un appui à ses plus virulents partisans aujourd’hui, note le chroniqueur du Times. « Les ultra-conservateurs vont être regonflés à bloc par ces déclarations et vont chercher à aller plus loin », analyse Iain Martin, qui prédit que ces députés « ne vont pas suivre les conseils de Macron en sauvant un accord qu’ils haïssent ».

Même Nigel Farage, le partisan numéro un d’une sortie britannique de l’UE, a complimenté la réaction du président français. Le Daily Mail aussi assure que « les menaces de ‘no deal’ vont exciter les pro-Brexit et inquiéter les partisans du ‘Remain’, qui espèrent que l’UE accordera un long report afin d’obtenir le Brexit le plus doux possible, voire un arrêt complet de celui-ci ».

De plus, ces propos montrent « que l’Union des 27 se fracture au moment le plus important », juge le journaliste du Times. « Désormais, l’un des plus grands et plus importants pays de l’UE – la France – indique que la séparation doit se faire et peu importent les conséquences », constate Iain Martin. 

D’après lui, cette stratégie française a pour but d’empêcher « ces Britanniques fauteurs de troubles de compliquer la politique européenne : Macron veut continuer d’essayer de convaincre les Allemands d’aller vers une Europe plus intégrée. » Une ambition que le chroniqueur qualifie de « cause perdue » : Mais Macron, arrogant et qui doit lutter à l’intérieur de ses frontières, est un spécialiste des causes perdues.”


Lu dans Courrier international – Paris. https://www.courrierinternational.com/article/vu-du-royaume-uni-les-menaces-de-macron-vont-elles-plomber-un-accord-sur-le-brexit