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… Si, c’était l’affaire « Benalla » et le compte rendu de l’audition de cet intrigant par le Sénat, qui faisait vaciller le pouvoir en place, plutôt que l’insurrection des gilets jaunes, le grand débat ou les élections européennes ?

[C’est vrai, des affaires « d’État », ont toujours et malheureusement existé dans toutes les présidences. Elles se sont toujours terminées en « eau de boudin », juste quelques lampistes sacrifiés (voir suicidés). Quelques exemples parmi tant d’autres : Les diamants de Bokassa, « le trou » des halles, la construction des halles de La Villette n’ayant jamais servi, les affaires centrafricaines, la Libye, sans oublier les débordements policiers dont nous remémorions récemment l’affaire de Charonne, ou encore un Maurice Papon ex collaborateur de Vichy devenu ministre de l’intérieur puis condamné a juste titre dans un retropédalage historique de la société pour avoir envoyé bon nombre de juifs en déportation. Etc. MC]


Quelques avis de divers médias.

  • Pour Rémy Godeau dans l’opinion :

« En avril 2018, à Washington, Emmanuel Macron avait entrepris devant le Congrès une démolition en règle du trumpisme sous les vivats de la noble assemblée. Comme il était doux alors au Président français d’user du contre-pouvoir en démocratie pour faire la leçon à son hôte américain ! Vérité outre Atlantique est-elle boniment en France ? On peut le penser au vu des réactions de l’exécutif après le choix des sénateurs de saisir le parquet contre trois proches du Président, dans le cadre de l’affaire Benalla. « Coup politique », « acte moralement très grave », « procès politique » : les invectives coordonnées du gouvernement ajoutent l’outrance à la fébrilité. Et le boycott du Sénat par le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale tiendrait de l’enfantillage s’il ne révélait un mal plus profond. Nourrie à l’impunité et à l’opacité, notre République monarchique ne fait toujours pas bon ménage avec le contrôle parlementaire et la séparation des pouvoirs. »

Et peut-être que Rémy Godeau nous met sur la piste d’une vérité que nos gouvernements ne veulent pas entendre : « comment ne pas voir dans cet acte inédit le résultat d’une double défaillance de notre système politique ? Ravalée au rang de simple chambre d’enregistrement, l’Assemblée ne joue pas son rôle (et l’opposition sénatoriale a beau jeu d’en profiter). Et puis, en plein doute démocratique, le Président ne peut plus, au prétexte qu’il est intouchable, ne jamais s’expliquer, ou pire défier ceux qui lui réclament des comptes. »

  • Pour Guillaume Tabard Guillaume dans « le Figaro »

« Entre le pouvoir macronien et le Sénat, c’est la confrontation vive, pas la cohabitation douce. Et cela pourrait avoir des conséquences sur l’issue institutionnelle du grand débat. La Haute Assemblée veut être respectée et n’a pas apprécié qu’on puisse mentir devant elle. Qui peut le lui reprocher? Mais en élargissant au mensonge «par omission», concept par définition flou, de certaines personnalités auditionnées, elle fait aussi de la politique. Elle savait qu’un doute exprimé sur la parole du secrétaire général de l’Élysée ferait réagir les amis du chef de l’État. Ce qu’ils n’ont pas manqué de faire. En allant aussi sur le terrain politique. L’absence d’Édouard Philippe à la séance des questions d’actualité est un bras d’honneur destiné à montrer que le pouvoir macronien est bien décidé à relever le défi sénatorial. »

  • Pour Jannick Alimi dans « Le Parisien »

« Explosif ! La décision du bureau du Sénat, ce jeudi, de saisir la justice du cas de trois hauts collaborateurs d’Emmanuel Macron, Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée et indispensable bras droit du chef de l’État, Patrick Strodza, directeur de cabinet et le général Lavergne, chef du Groupe de sécurité de la présidence, est un coup redoutable porté au chef de l’État. Voilà les déclarations sous serment de ces trois personnages clés du Château, recueillies dans le cadre de la commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla, transmises au parquet. Au sommet de l’État, cette retentissante décision a été reçue comme une déclaration de guerre. Il faut dire qu’elle touche le cœur du pouvoir élyséen… Un pilier de la majorité y voit « une agression caractérisée ». Un autre proche du chef de l’État évoque « une danse du scalp » : « Ils tournent autour du président de la République en s’attaquant à ses proches ! » Partout au sein de la macronie, le même cri de colère : il s’agit d’une manœuvre « politique politicienne ». « Ce n’est pas tellement un contre-pouvoir, mais un pouvoir contre. Ce ne sont pas des méthodes », gronde carrément le ministre des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau. »

  • Pour Laure Equy dans « Libération »

« La cote du président du Sénat a brusquement chuté auprès du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, avec lequel il entretenait jusqu’ici de bonnes relations. Celui-ci a annulé sa participation à une conférence qu’il devait tenir avec son homologue du Sénat à Sciences-Po Lille pour « expliquer le fonctionnement des institutions parlementaires ». Pas question de chanter les louanges du bicamérisme main dans la main à la tribune alors que le bureau du Sénat a « utilisé les fonctions de contrôle parlementaire à des fins politiciennes », déplore Ferrand. »

  • Pour Olivier Morin dans « l’humanité »

« Dans une France qui vit une crise démocratique profonde, la décision prise par une institution aussi décriée que le Sénat sonne singulièrement. Et assainit un peu l’air vicié de la Macronie. En décidant jeudi de transmettre au parquet les cas d’Alexandre Benalla, Vincent Crase, Alexis Kohler, Patrick Strzoda et celui du général Lavergne suite aux conclusions de la commission d’enquête de la Haute Assemblée, le bureau du Sénat a témoigné « de la souveraineté et de la liberté de cette assemblée », se réjouit un sénateur […]. Une décision qui intervient au lendemain de nouvelles procédures judiciaires à l’encontre d’Alexandre Benalla. L’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron était en effet convoqué mercredi au tribunal de grande instance de Paris. Il en est ressorti avec une nouvelle mise en examen pour « port et détention non autorisés d’armes de catégorie B » dans l’affaire du selfie le montrant avec une arme à feu et pour « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique » et « violences volontaires en réunion sans incapacité » dans celle de l’interpellation violente du 1er Mai dernier. Pour Gérard Larcher, il s’agit « du droit, rien que le droit, tout le droit » L’affaire continue donc d’éclabousser l’exécutif, qui ne s’attendait sans doute pas à ce que le Sénat, où les parlementaires LR sont majoritaires, aille au bout de sa procédure. Les signalements constituent d’ailleurs un précédent puisque le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron en personne, Patrick Strzoda, ainsi que Vincent Crase, chef d’escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie nationale, sont tous les deux soupçonnés de faux témoignages, alors qu’ils se sont exprimés « sous serment (…) devant la commission des lois investie des prérogatives attribuées aux commissions d’enquête », précise le bureau du Sénat dans un communiqué. »


Qui a souhaité un moment supprimer le palais du Luxembourg, ces sénateurs, et réduire d’un quart les élus dans toutes les assemblées représentatives de la population française ? MC