La crise des «gilets jaunes» n’est pas soluble dans un grand oral de l’ENA, même si elle échauffe les esprits.

Mercredi soir, les six chefs de parti invités [laissant bon nombre de chefs de partis en dehors du débat comme si ils n’existaient pas d’une part et selon la volonté du gouvernement et ce même si il est dit que la chaîne BFMTV est indépendante … euh ! MC] à débattre sur leurs fréquences, se tiennent sagement derrière leur pupitre.

«La crise, et après?», c’est le titre de l’émission.

La politique comme avant, c’est en quelque sorte la réponse.

  • aMarine Le Pen (RN) parle toujours comme si elle était en meeting et veut faire payer les riches.
  • Olivier Faure (PS) demande aussi de faire payer les riches et propose un «impôt sur la fortune vert».
  • Jean-Luc Mélenchon (La FI) dit la même chose mais en criant plus fort.
  • François Bayrou (MoDem) trouve qu’on paye trop d’impôts.
  • Laurent Wauquiez (LR) s’agace qu’on soit «incapable de faire 2’30 sans inventer un nouvel impôt».
  • En face, le petit nouveau Stanislas Guerini (LR-EM) sort une feuille de paie pour défendre la politique du gouvernement.

Un débat sur la fiscalité, c’est bien pour se chauffer les cordes vocales, un peu moins pour rester éveillé. D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas, qui s’assoupit aussi sûrement que celui des « Chiffres et des lettres » après un tirage à sept consonnes.

Pourtant, Mélenchon assure le spectacle. Il grommelle pendant que les autres parlent: « Popopo… Qu’est-ce que vous racontez là? C’est le café du commerce!… C’est vraiment le bal des faux culs ». Ça met de l’ambiance, personne ne s’en formalise, tout le monde est occupé à autre chose.

  • Une sorte de clash, Wauquiez essaye de coincer Guerini.
  • Bayrou rappelle qu’il a été ministre de l’Éducation (sous Jacques Chirac, pas sous Macron).
  • Olivier Faure veut faire payer les riches.
  • Marine Le Pen se plaint qu’on ne parle plus de délinquance.
  • Guerini veut remplacer les chaudières au fioul par des chaudières à granulés.
  • Mélenchon demande à ce que tout le monde sorte des « postures idéologiques » puis explique que pour sauver la planète, il faut taxer les riches.
  • Wauquiez accuse Guerini de mentir aux Français.

Globalement, ça finit toujours par retomber sur Guerini qui, au bout d’une heure, lâche le premier « je ne vous ai pas coupé, laissez-moi terminer » de la soirée.

  • À un moment, survient entre Bayrou et Faure une sorte de clash dont on sent bien qu’il ne va pas durer. D’ailleurs il ne dure pas. Mélenchon l’interrompt en grommelant puis Le Pen reprend la parole comme en parlant comme dans un meeting.
  • Faure essaye d’intervenir mais elle le calme assez vite.
  • Pour la deuxième fois de la soirée, l’animatrice Ruth Elkrief demande à Olivier Faure quelles sont ses idées mais il préfère répondre à Bayrou.
  • Le clash a dû l’énerver, il le relance. Bayrou répond et tout s’apaise. « Parfois vous êtes plus éclairé que le reste de votre majorité », concède Faure. Comme il a la parole, il en profite pour donner son idée pour lutter contre les déserts médicaux : « Faire un conventionnement dimensionné dans les zones sous dotées. » Soit tout le monde est d’accord soit personne n’a compris, mais aucun ne répond.
  • Puis le débat s’anime franchement. La mobilisation des militaires pour l’acte XIX des «gilets jaunes» pose problème. Surtout à Mélenchon qui, après avoir parlé en début d’émission de « dix-huit semaines d’insurrection », s’alarme que le gouvernement appelle l’armée en renfort. Faure et Le Pen abondent. « On ne met pas l’armée contre le peuple français », disent-ils.
  • Guerini s’agace. « Ces gens, venus sur les Champs-Élysées, étaient des émeutiers (…) Nous n’avons jamais confondu les “gilets jaunes” venus manifester et ceux venus casser ».
  • Retour aux « gilets jaunes » donc, mais sans beaucoup de nouveau

François-Xavier Bourmaud, Le Figaro. Titre original : « Crise des «gilets jaunes»: les chefs de parti cherchent l’issue… en vain ». Source (Extrait)


Fermer l’ban …

…. décidément nous ne sommes pas près d’en sortir de cette mascarade grotesque, d’autant qu’une autre pantalonnade nous arrive en mai … entre les élections européennes et le résultat du grand débat … Gros risques d’enflammer les réflexions et agissements devant autant d’illusions attendues . MC